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Le président serbe estime que "l´agression de l´OTAN fut un grave crime"

Belgrade, 20 mars (Prensa latina) "L´agression de l´OTAN fut un grave crime à l´encontre d´un petit État et d´une nation fière", a affirmé lundi le président de Serbie, Aleksandar Vucic, devant un conclave d´experts.


En inaugurant la IVème Conférence Internationale de Dialogue Stratégique de Belgrade, sous le thème "À 20 ans du bombardement de la Yougoslavie: leçons pour la sécurité européenne au XXIème siècle", il a ajouté que son pays est aujourd´hui de ceux qui ne se plieront pas à d´injustes demandes, en ajoutant avoir confiance pour le futur.

En référence aux 78 jours d´attaques aériennes de l´Organisation du Traité de l´Atlantique Nord (OTAN), du 24 mars au 10 juin 1999, il a exprimé qu´il est nécessaire d´analyser, à tête reposée, ce qu´il s´était passé, et ce que doit faire son pays lors des 20 prochaines années pour conserver sa souveraineté, son indépendance et la neutralité militaire.

"Jusqu´à il y a de ça cinq ans, nous ne faisions que nous taire; mais aujourd´hui nous parlons directement, non pas avec haine, mais avec le désir de juger ce que nous considérons qui a été injuste", a-t-il signalé.

Puis il a estimé qu´en 1999, de nombreuses personnes avaient, en Occident, besoin d´un affrontement avec la Yougoslavie, et il leur était nécessaire de montrer la suprématie de l´hémisphère occidentale, mais que depuis, petit à petit, a débuté une autre construction, celle du dénommé monde multipolaire.

"Nous vivons maintenant dans ce monde, dans lequel les États-Unis sont économiquement les plus puissants, mais la Chine se rapproche, puis il y a la Russie, et l´Europe est également une puissance économique…", a-t-il manifesté.

Le mandataire a ensuite ajouté que les bombardements de 1999 ont démontré combien Martin Luther King avait raison en disant que la violence peut obtenir une victoire momentanée, mais pas une paix durable.

Il a considéré que cela a eu lieu au "Kosovo et Metohija, où les pouvoirs ont été changés, mais la paix n´est jamais arrivée; la souveraineté a été changée, mais le pouvoir est maintenu par l´OTAN qui permet aux albanais de gouverner le territoire, et une cohabitation réelle n´a pas été établie".

"Le Kosovo et Metohija est aujourd´hui une sorte de ghetto pour les serbes et les albanais qui ne peuvent que se détester, mais sous supervision", a-t-il assuré.

Vucic a extériorisé ses peurs que cette situation ne perdure jusqu´à ce que les parties ne soient conscientes et suffisamment responsables pour résoudre d´elles-mêmes la question.

"Nous avons besoin d´une nouvelle conscience, non pas d´une tutelle; nous devons nous rendre compte que la victoire ne se trouve pas dans les pertes de l´autre, mais en renonçant aux demandes maximalistes", a-t-il affirmé.

Puis il a constaté que la situation actuelle n´est pas celle-ci, parce qu´il est demandé que Belgrade accepte les résultats de l´agression, ce qui ne sera jamais le cas, et qu´il n´y a aucune pression qui puisse mettre de côté la dignité et la fierté nationale.

"La Serbie souhaite le dialogue et la conversation; quelqu´un doit expliquer aux albanais que sans discutions ils ne peuvent rien obtenir. Mais pour le moment ils ne le voient pas ainsi, ils attendent seulement le salut de Washington, mais j´ai espoir que cela change", a-t-il exprimé.

En reprenant le thème des bombardements de 1999, à la veille de la commémoration des 20 ans de ces derniers, Vucic a reconnu que des erreurs avaient été commises mais que son pays ne méritait pas l´agression de l´OTAN, qu´il a qualifiée d´acte illégale contre l´ordre international.

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