Agence de Presse de l'Amérique Latine

Des scientifiques cubains confirment les incohérences des prétendues « attaques sonores »

La Havane, 27 octobre (Prensa Latina) La presse locale indique aujourd´hui que deux scientifiques cubains, docteurs en Sciences Physiques, alertent sur les incohérences et mensonges présents dans les accusations des États-Unis quant à de prétendues « attaques sonores » commises dans ce pays contre des diplomates nord-américains.


Un entretien publié par le quotidien JuventudRebelde,  intitulé « Les irrésistibles décibels d´une attaque sonore inexistante », signale que le Docteur en Sciences Physiques Daniel StolikNovygrod, professeur titulaire de l´Université de La Havane, est catégorique quand il affirme que « ce qu´ils (les autorités et médias étasuniens) publient, ce qui est médiatique, abonde de mensonges, d´erreurs et d´ignorance du point de vue de la Physique ».

Le scientifique analyse ainsi une situation selon laquelle un peu plus d´une vingtaine de diplomates étasuniens assignés à l´ambassade des États-Unis à Cuba, et des membres de leurs familles, ont prétendument souffert, ou souffrent toujours, de malaises et de symptômes médicaux provoqués par ce que les autorités et médias nord-américains ont appelé des « attaques sonores ».

Pour sa part, le Docteur en Sciences Physiques Carlos Barcelo, professeur titulaire de l´Institut d´Hygiène, d´Épidémiologie, et de Microbiologie du Ministère de la Santé Publique de Cuba, a rappelé que « la presse étrangère n´a pas décrit le phénomène physique sonore », et estime qu´un « échange d´information pour en connaitre l´origine, s´il existe, serait nécessaire. Même si cela est catégoriquement impossible ».

Il faut ici préciser que les autorités cubaines n´ont pas eu accès aux rapports des médecins étasuniens qui ont diagnostiqué les personnes ayant souffert de ces malaises, ni n´ont pu rencontrer les patients, puis qu´elles ont été informées des faits plusieurs mois après qu´ils aient prétendument eu lieu.

Les deux scientifiques ont précisé que, selon les particularités de la physique du son, et de sa claire explication, il est prouvé que des faits de ce type ne pouvaient être réalisés, ni dans la chambre de l´hôtel Capri, ni dans les résidences de diplomates, sans que les sons ne soient également perçus aux abords de ces lieux. Et aucune personne des voisinages n´a été témoin de tels faits.

Stolik a exprimé qu´il « est important de connaitre la fréquence et l´intensité, ou les décibels des ondes sonores et les moyens nécessaires pour qu´ils se propagent ». Il a ensuite souligné que « l´ouïe humaine peut percevoir des ondes sonores de fréquences entre les 20 et les 20 mille hertz ».

« D´autre part, les infrasons (vibration de fréquence inférieure à celles audibles par l´ouïe humaine) ont comme caractéristiques qu´ils s´absorbent très peu dans l´atmosphère et qu´ils parcourent rapidement de longues distances, mais qu´ils se répandent dans tous les sens », a-t-il ajouté.

C´est effectivement la raison pour laquelle Stolik comme Barcelo ont écarté la possibilité de l´usage à distance d´une « arme infrasonique » à l´encontre de personnes sélectionnées ; puisque aucune personne voisine ou proche des diplomates n´a souffert de malaises.

De nombreuses hypothèses peuvent exister, mais les caractéristiques physiques permettent de dire qu´il ne s´agit pas d´attaques sonores », ont-ils soulignés.

Selon l´explication, les infrasons ne sont pas audibles, ce qui contredit les prétendues victimes qui ontdit entendre des sons. Quant aux ultrasons (vibration de fréquence supérieure à celles que peut percevoir l´ouïe humaine), ils ne sont donc pas non plus audibles et tout ce que l´on en connait montre de bonnes expériences, comme les techniques utilisés dans la médecine.

« Il ne s´agit pas non plus d´une question de décibels », ont-ils ajouté.
« Une conversation normale est à l´échelle des 25 à 30 décibels ; le bruit d´un marteau piqueur est de 90 décibels ; un groupe de rock peut atteindre les 100 décibels. Cette dernière peut, après un certain temps, provoquer des dommages, mais ils ne sont donc pas immédiats. Pour obtenir des maux auditifs il faut donc y être exposé durant un long moment. Le son qui endommage plus rapidement est celui qui dépasse les 120 décibels, comme celui de certains avions ou fusées (150 décibels), et il s´agit alors d´un son irrésistible », est-il expliqué par Stolik.

Les scientifiques ont également fait part du fait que « les seuls armes sonores connues, en plus du fait d´être uniquement aux mains des États-Unis et de leurs alliés, auraient non seulement touché les immeubles signalés dans leurs rapports, mais également ceux qui leur sont adjacents ».

En conclusion, selon les docteurs : « ni son, ni infrason, ni ultrason, ni arme sonore ; les États-Unis doivent trouver un autre prétexte ».

peo/mem/tgp