Agence de Presse de l'Amérique Latine

Des experts de l´ONU préoccupés par la détention de l´adolescente palestinienne

Nations Unies, 13 février (Prensa Latina) Des experts des droits de l´homme des Nations Unies ont aujourd´hui fait part de leur préoccupation face à l´enfermement de l´adolescente palestinienne Ahed Tamimi, suite à un incident avec les forces d´occupation israéliennes, puis ont demandé sa prompte libération.


La jeune, de 17 ans, a été détenue le 19 décembre et doit maintenant faire face à un processus judiciaire, alors qu´elle reste emprisonnée, raison pour laquelle les experts de l´ONU demandent le respect des principes du droit international et exigent sa libération.

Le rapporteur spécial, Michael Lynk, a indiqué que, « comme l´établit la Convention des Droits de l´Enfant qu´Israël a ratifié, les mineurs ne doivent être uniquement privés de liberté en ultime recours et pour la plus brève période possible ».

« Aucun des faits de ce cas ne paraît justifier la détention d´Ahed Tamimi avant le procès, tout particulièrement compte tenu des préoccupations du Comité des Droits de l´Enfant », a-t-il ajouté.

L´expert indépendant a souligné que « tous les États membres de l´ONU sont obligés de rechercher, dans la mesure du possible, des alternatives à la détention, et garantir que les enfants soit traités de manière appropriée pour leur bienêtre ».

Selon ce qu´il a rappelé, l´adolescente palestinienne « a été arrêtée au milieu de la nuit par des soldats bien armés, puis a été interrogée par des agents de sécurité israéliens sans que des membres de sa famille ou des avocats soit présents ».

Les experts ont également fait part de leur préoccupation quant au lieu où Tamimi se trouve détenue, la prison de Hasharon en Israël, ce qui viole la Quatrième Convention de Genève.

Cette réglementation interdit la déportation de personnes protégées d´un territoire occupé vers le territoire de la puissance d´occupation, ou vers tout autre pays, et ce indépendamment du motif.

Les experts de l´ONU ont exprimé que « malheureusement, le cas de Tamimi n´est pas un cas isolé, puisque les statistiques montrent qu´Israël détient et juge par des tribunaux militaires près de 500 à 700 enfants palestiniens annuellement ».

« Nous avons reçu des rapports selon lesquels ces enfants sont maltraités durant leur détention, sont soumis à des abus physiques et psychologiques, privés d´accès à des avocats ou des membres de leur famille lors de leurs interrogatoires, et jugés par un système judiciaire militaire », ont-ils signalé.

Le jugement de Tamimi, qui en faisant face à un soldat de Tel-Aviv s´est convertie en symbole de la résistance d´occupation, a été repoussé jusqu´à mars par un tribunal militaire d´Israël.

La mineure, qui a giflé un militaire israélien sur le terrain de sa maison dans le village de Nabi Saleh, en Cisjordanie occupée, fait face à 12 accusations, dont celle d´agression à des soldats. S´il est reconnue coupable, Tamimi risque jusqu´à 10 ans de prison.

peo/oda/ifb