Agence de Presse de l'Amérique Latine

D’Iberville, le canadien mort à La Havane

Par Robert F. Campos

La Havane, 2 avril (Prensa Latina) La capitale cubaine est un lieu de mille enchantements. Elle regorge de statues et de curiosités dont les nombreux promeneurs qui parcourent ses ruelles et son Malecon aimeraient bien connaître l’histoire.


Cuba, et en particulier La Havane, sa capitale, a vu passer de nombreuses célébrités du monde marin. Certains avaient une réputation sulfureuse; d’autres étaient le symbole même des relations entre pays et de l’amitié comme c’est le cas du navigateur canadien Pierre Le Moyne D’Iberville.

À tel point, que ce marin a sa propre statue sur le Malecon dont la vue éveille la curiosité de nombreux touristes qui tentent ensuite de se renseigner sur le personnage dans les multiples livres et documents de l’époque traitant de ce sujet.

Ce navigateur, né le 20 juillet 1661 à Ville Marie, l’actuelle Montréal, eut une existence riche en événements. Il combattit longtemps contre les anglais avant de finir sa course en 1706 à Cuba où reposent maintenant ses os, raison pour laquelle La Havane a érigé une statue en son honneur. À son décès, il n’avait que 44 ans.

Ce héros légendaire, à la fois marin et colonisateur, lutta donc dès 1686 contre les anglais sous les ordres de la France et en 1698 atteignit l’estuaire du Mississippi où il fonda et gouverna la Louisiane, qui fait partie, aujourd’hui des États-Unis.

Son projet semble avoir été d’attaquer les Carolines, puis New-York et d’expulser ainsi du continent nord-américain ses ennemis de toujours.

Cependant, le 9 juin 1706, sa mort et celle du capitaine général Pedro Àlvarez de Villarin sont enregistrées à la Grande Eglise Paroissiale de San Cristobal de La Havane.

À cette époque, le canadien commandait la flotte française ancrée dans le port de La Havane. Tout semble indiquer que les deux hommes furent victimes de maladies tropicales, bien que, selon d’autres versions, ils furent empoisonnés par les anglais.

Quelques temps auparavant,  le jeune marin avait conquis la célébrité grâce à sa bravoure au combat et à ses expéditions dans les forêts de l’Hudson et de la Nouvelle France à la  tête de volontaires canadiens.

À la fin de 1696, il reçut l’ordre de déloger les anglais de leurs forts de Terre-Neuve, ce qu’il parvint à accomplir au bout d’une longue et difficile campagne.

À partir de là, à bord de son navire nommé Le Pélican,  il réduisit l’ennemi à néant et gravit tous les échelons jusqu’au titre suprême d’Amiral. La mer était son élément.

De nos jours, sur le Malecon de La Havane, à l’entrée de la baie, se dresse une statue en bronze du navigateur canadien.

En 1937, une délégation de France et de Cuba, inaugura une plaque en hommage au marin sur le côté de la Cathédrale de La Havane. Cette plaque est maintenant conservée dans le Musée de la Ville.

Des années plus tard, don de la mairie de Québec, et en honneur aux relations entre Cuba et le Canada, on installa sur le Malecon une réplique de la statue de D’Iberville.

C’est une réplique de la même statue, en bronze également, et de huit pieds de haut, que l’on peut admirer sur la façade du Parlement de Québec.

En signe de remerciement et d’échange réciproque, l’Officina del Historiador de la Ville de La Havane, offrit à Québec une effigie du héros national cubain, José Martí.

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