Agence de Presse de l'Amérique Latine

Une interdiction politique empêche un Prix Nobel de la Paix de visiter Lula

Brasilia, 19 avril (Prensa Latina) Une interdiction politique a aujourd’hui empêché le Prix Nobel de la Paix, Adolfo Pérez Esquivel, de rendre visite à l’ex-président Luiz Ignácio Lula da Silva, incarcéré dans la ville de Curitiba.


Dans une dépêche émise la veille, la juge Carolina Moura Lebbos  -qui a déjà empêché, la semaine dernière, que neuf gouverneurs rencontrent l’ex-président-  a refusé que  Pérez Esquivel puisse pénétrer dans le Commissariat Central de la Police Fédérale où l’ancien dignitaire est retenu comme prisonnier politique.

“La visite d’Esquivel a une base juridique sans failles. Cette interdiction est une interdiction purement politique”, corrobore l’analyste politique Paulo Moreira, pour qui cette décision de la juge fédérale de Curitiba marque un nouveau pas en arrière pour le pays.

Cette décision d'interdire le militant des droits de l’homme argentin de visite implique un rejet des Règles de Mandela, reconnues par l’Organisation des Nations Unies comme la mesure de respect minimum que l’on doit aux prisonniers du monde entier, a-t-il fait remarquer.

Pérez Esquivel a participé hier soir à Curitiba à la seconde édition du Cercle de la Démocratie où il a précisé qu’il ne savait toujours pas  s’il allait pouvoir rendre visite à Lula, comme il en avait présenté la requête, car “nous rencontrons des difficultés”.

Je ne veux pas parler des juges, a-t-il dit, et tout de suite après, il a ajouté : “nous allons continuer de réclamer" ce droit.

Lorsqu’il a présenté sa demande de visite à la justice, Pérez Esquivel, qui est le promoteur d’une campagne pour décerner le  Prix Nobel de la Paix à Lula, a signalé qu’en tant que président d’un Organisme de Tutelle International des Droits de l’Homme et Prix Nobel de la Paix, il était habilité pour constater les conditions de détention de Lula.

Des inspections de ce type sont prévues dans ce qu’on nomme les Règles de Mandela et les Règles Minimales de l’Organisation des Nations Unies pour le Traitement des Prisonniers, indiquent les spécialistes.

Dans des déclarations faites récemment au quotidien digital Brasil 247, le Nobel argentin a averti qu’une interdiction de visiter Lula serait un coup dur porté à la réputation d´un pays qui est, aux yeux de la communauté internationale, de plus en plus considéré avec méfiance depuis qu’il a démis une présidente élue et qu’il a condamné sans preuves le candidat favori aux prochaines élections.

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