Agence de Presse de l'Amérique Latine

Et s'il avait existé des armes chimiques dans les lieux attaqués par les États-Unis?

Par Luis Manuel Arce Isaac

La Havane, 23 avril (Prensa Latina) Le président des États-Unis, Donald Trump, a affirmé que l'attaque de missiles menée conjointement par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France contre les centres de production d'armes chimiques de Goutha, en Syrie, a été une "offensive parfaite".


Mais tout de suite après, avec une rage contenue, il a averti que de "fausses informations cherchent à la minimiser". En disant cela, il faisait référence aux communiqués  militaires syrien et russe qui rendent compte de la défaite soufferte par la coalition occidentale grâce à la grande efficacité des systèmes anti-missiles qui sont parvenus à intercepter, dévier ou neutraliser 71 des 103 missiles tirés.

Ces communiqués russe et syrien démentent donc l' "efficacité" des missiles "neufs, beaux et intelligents" lancés par la coalition dirigée par le Pentagone. Ils soulignent le fait qu'il a fallu employer 34 missiles pour chacun des  trois objectifs détruits et qu'ils n'ont causé que trois blessés à l'ennemi.

Dans sa langue préférée, le twit, Trump a déclaré: " L'incursion en Syrie a été menée de manière tellement parfaite, avec tant de précision, que les faux moyens de communication n'ont pu la dénigrer qu'en utilisant eux-mêmes l'expression "mission accomplie"".

Dans la foulée, il a déclaré: " Je savais qu'ils allaient s'emparer de l'expression, mais je pense que c'est une excellente expression militaire et qu'il faut l'utiliser. Personnellement, j'espère l'utiliser très souvent".

Ces affirmations sont doublement incongrues car la mission n'a été ni parfaite, ni accomplie. Comme il l'a déjà dit: les États-Unis garderont leurs troupes en Syrie jusqu'à la fin de la guerre.

Trump n'a pas su interpréter l'intention des journalistes. La comparaison qu'ils font avec la même phrase pathétique de son collègue en crimes contre l'humanité, George W. Bush, et ses inutiles bombardements de destruction en Irak, ne font pas uniquement référence à la guerre que ce dernier ne termina jamais  et à l'occupation qui dure encore.

À la base, les journalistes font référence au grand mensonge que Bush et l'état major de son gouvernement inventèrent quand ils parlaient d'une existence supposée d'armes de destruction massive stockées par Saddam Hussein, armes qui n'apparurent jamais, et, malgré tout,  l'ancien président des États-Unis proclama dans un panneau à l'euphorie quelque peu forcée: Mission Accomplie!

Jamais il ne put présenter de preuves de cet arsenal.

Les armes chimiques de Syrie ne sont pas apparues non plus, et elles n'apparaîtront pas. Déjà les renseignements russes ont annoncé qu'ils avaient des preuves du montage réalisé par le Royaume-Uni de mèche avec les Casques Blancs pour faire croire qu'il y avait eu une attaque chimique à Douma et que des civils -rien de moins- en avaient été les victimes, comme si une armée victorieuse absorbée par sa tâche de dissuasion pour terminer la guerre trouverait avantage à commettre une telle monstruosité.

À l'époque, Bush commit une grave erreur en insistant sur la présence d'armes massives qui, si elles avaient existé comme il l'affirmait, eussent eu une grande chance d'exploser en raison de l'intensité et de la durée des attaques aériennes visant systématiquement les objectifs militaires présumés. Tout le monde pu voir ces attaques en direct sur la télé.

L'histoire se répète avec Trump en Syrie, à moindre échelle mais avec la même intense stupidité qu'avec Bush. Son collègue en mensonge, le président français Emmanuel Macron,

a non seulement confirmé l'existence d'armes chimiques en Syrie sans apporter la moindre preuve, mais il a insisté après le bombardement pour dire que l'attaque avait été nécessaire pour "envoyer un message clair que l'usage d'armes chimiques ne resterait pas impuni".

Sa jeunesse n'est pas une excuse pour oublier que l'Armée des États-Unis fut la première au monde à utiliser de forme massive des armes chimiques et bactériologiques au Vietnam, y compris l'agent orange sur les rizières et sur des personnes qui en furent les victimes, et qui en souffrent encore de nos jours.

Si le centre de production de Douma d'armes chimiques avait vraiment été actif et avait logiquement contenu un arsenal d'armes chimiques entreposées sur place ou près du lieu de l'attaque, quelles eussent été les conséquences? Combien de morts aurait- on enregistrés, non en raison de la mitraille des attaquants mais par les effets létaux de ce supposé armement qui aurait explosé ou se serait répandu dans l'espace?

Du coup, la décision conjointe des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France de bombarder avant la visite des experts de l'ONU acquiert un tout autre sens car ces derniers allaient certifier, comme une année auparavant, qu'il n'existait pas d'armes chimiques.

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