Agence de Presse de l'Amérique Latine

L’espagnol a bonne santé en Chine

Par Yolaidy Martinez

Pékin, 24 avril (Prensa Latina) Certains l’appellent une mode, mais il n’y a aucun doute que l’essor vertigineux de l’espagnol pendant ces dernières décennies lui a permis de devenir  la seconde langue la plus parlée de la planète et beaucoup croient même qu’elle sera la langue de l’avenir.


D’après les dernières statistiques de l’Instituto Cervantes - qui fait la promotion de l’espagnol et de la culture du monde hispanophone - il existe quelques 572 millions de personnes qui l’utilisent de nos jours.

Ce chiffre inclut les natifs, les étudiants et tous ceux qui l’utilisent comme seconde langue.

Son importance globale gagne aussi du terrain en Chine, à tel point que le Ministère de l’Education a pris la décision de l’inclure dans le cursus scolaire de l’année prochaine -avec le français et l’allemand - pour les élèves du secondaire.

Ce choix est dû, justement, au grand nombre de locuteurs qui utilisent ces trois langues dans le monde et, aussi, parce que l'espagnol offre de plus grandes possibilités d’échanges académiques dans l’avenir.

De nos jours, en Chine, on enseigne l’anglais, le russe et le japonais, mais avec cette nouvelle option le Ministère projette de donner davantage de liberté aux étudiants au moment du choix d’une langue étrangère.

Prensa Latina s’est entretenue à ce sujet avec, Imma Gonzalez, la directrice de l’Institut de Pékin. Elle  trouve excellente cette décision du Ministère chinois, décision qui de plus, est un indice très positif de la bonne santé de l’espagnol sous ces latitudes.

“Il est intéressant de remarquer que ce choix est directement lié au développement de la Chine et au regard qu’elle porte sur le monde hispanophone. C’est un positionnement définitif et ferme car il est le résultat des fortes relations que la Chine maintient avec les pays hispanophones et des très nombreux projets économiques de grande envergure qui les lient”, nous a-t-elle expliqué.

Elle nous a aussi appris que, depuis l’ouverture de l’Institut, en 2006, le nombre d’élèves a augmenté et que le profil du public qui le fréquente a notablement évolué.

Au début - se rappelle-t-elle - s’inscrivaient seulement quelques personnes dans la vingtaine désireuse d’obtenir le diplôme d’Espagnol Langue Étrangère pour se rendre en Espagne ou dans un autre pays utilisant cette langue afin de faire un master ou un doctorat.

De nos jours, cependant, presque 50 pour cent des étudiants sont des jeunes avec un emploi stable et qui voient en l’espagnol un moyen d’avoir une meilleure place dans leur entreprise car il s’agit- là, à l’évidence, d’une valeur ajoutée.

“Les gens se rendent compte que l’espagnol, ajouté à l’anglais, est un outil intéressant, un “plus" avec une valeur importante dans le marché du travail; voilà pourquoi ils s’inscrivent aux cours; c'est ce qui a changé le profil de l’Institut”, nous a-t-elle expliqué.

L’année dernière, l’Institut a enregistré cinq mille inscriptions de tous âges, car il y a aussi une grande affluence d’enfants de l’âge de six ans jusqu’à l’adolescence.

Gonzalez nous a assuré qu’avant de connaitre les dernières dispositions du Gouvernement, l’Institut Cervantes encourageait l’apprentissage de l’espagnol dans plusieurs écoles secondaires et dans les universités de Beijing et de la ville de Shanghai.  Il collaborait  également avec plusieurs établissements spécialisés d’autres villes chinoises qui se consacrent à cette tâche.

À son avis, un facteur déterminant pour garantir le succès des mesures gouvernementales serait la formation des professeurs. Elle pense qu’il est indispensable de susciter des vocations pour cette carrière car la majorité des élèves qui obtiennent des diplômes supérieurs en espagnol ne désirent pas se consacrer à son enseignement.

L’Ambassadeur de Cuba en Chine, Miguel Angel Ramirez, estime que la directrice a beaucoup à voir avec la grande place que la Chine accorde à l’Amérique Latine et aux Antilles dans son projet global de “La Route de la Soie”.

“Ceci est également une base solide pour développer la coopération de l’avenir (…)  À la différence d’autres langues, il y a beaucoup de gens qui parlent l’espagnol, ce qui explique l’intérêt croissant de la population chinoise pour mieux connaitre cette langue”, a-t-il ajouté.

Dans cette décision du Gouvernement de développer l’enseignement de l’espagnol, le diplomate voit de grandes potentialités pour renforcer les liens entre les divers pays concernés comme l’illustre l’accueil très favorable du géant asiatique, invité d’honneur lors de la Foire Internationale du Livre à Cuba.

Les projets pour augmenter de manière appréciable le nombre de boursiers et de journalistes reçus en Chine est un autre exemple des mesures qui rapprocheront les cultures des deux côtés, a ajouté l’ambassadeur.

Tous les indicateurs montrent que la courbe de croissance de l’espagnol va continuer à monter et qu’elle le fera de manière beaucoup plus rapide que celle de n’importe quelle autre langue étrangère dans le pays qui possède la seconde économie au monde. Encore un point de plus en faveur de l’espagnol.

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