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Des députés brésiliens condamnent le comportement autoritaire de la juge Lebbos dans l´affaire Lula

Brasilia, 24 avril (Prensa Latina) Des députés, membres d´une commission externe du Parlement qui devait contrôler les conditions de détention de l´ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, ont aujourd´hui dénoncé le comportement autoritaire de la juge Carolina Lebbos, laquelle a empêché cette inspection.


La violation de la part de cette juge de première instance, en interdisant au Pouvoir Législatif d´exercer ses prérogatives est « extrêmement grave », a souligné le leader du groupe du Parti des Travailleurs (PT) à la chambre basse, Paulo Pimenta, après avoir quitté la Superintendance de la Police Fédérale de Curitiba.

Pimenta a rappelé que cela n´était pas une visite à l´ex-mandataire Lula, prisonnier politique, mais une inspection destinée à constater la situation dans laquelle il est enfermé, puis a insisté sur le fait qu´il n´y a pas de démarche légale qui oblige une commission du Congrès National à demander une autorisation pour remplir une diligence de ce type.

Le législateur a prévenu qu´ils demanderaient au président de la Chambre des Députés, Rodrigo Maia, qu´il prenne les mesures nécessaires pour que les prérogatives du Législatif soient respectées.

« Ni à l´époque de la dictature ces inspections étaient empêchées », a déploré Pimenta avant d´ajouter que « l´attitude assumée par la juge Lebbos révèle sa posture politique et démontre sans ambiguïté que nous vivons dans un État d´exception et policier ».

« L´unique objectif de toute cette persécution contre Lula est de priver le peuple du droit et de la possibilité de l´élire en tant que président », a-t-il exprimé en rajoutant qu´une élection sans Lula « est une fraude électorale ».

Wadih Damous (PT), également membre de la commission externe de la Chambre des Députés, a également critiqué la décision de Lebbos, puis a ajouté que dans son cas particulier il la poursuivrait pour abus d´autorité, puisqu´elle l´a en plus empêché de visiter l´ex-mandataire en sa qualité d´avocat.

« Cette juge est en train de produire un festival d´actes arbitraires et d´abus d´autorité », a-t-il signalé. Il a ensuite estimé que ce comportement (le fait de lui refuser le droit de s´entretenir avec son client) est uniquement possible dans un État d´exception comme celui que vit le Brésil aujourd´hui.

Selon le docteur en Droit des Procédures Pénales Fernando Hideo, le traitement dont Lula est victime ne respecte en rien les dénommées Règles de Mandela établies par les Nations Unies, non seulement pour le priver de pouvoir rencontrer ses amis, sa famille, et ses avocats, sinon car l´isolement total et absolu auquel il est soumis n´est pas uniquement une mesure injuste, mais qu´elle est explicitement illégale.

Selon le quotidien digital Brasil 247, le sociologue Flavio Koutzii, qui a passé quatre ans dans les prisons de la dictature en Argentine, a exprimé être tous les jours plus convaincu qu´est mis en marche un « engrenage de destruction physique et psychique de Lula à Curitiba ».

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