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Nouvel espoir quant à une reprise possible du dialogue national au Nicaragua

Managua, 8 juin (PrensaLatina) L'espoir de voir le dialogue national reprendre est aujourd'hui à la hausse au Nicaragua. Le pays attend avec impatience de connaître la réponse que le président Ortega réserve aux propositions présentées par la Conférence Episcopale.


A la demande de la hiérarchie catholique, les évêques et Ortega se sont aujourd'hui entretenus pendant plus de deux heures à huis clos. Lors de cet entretien, la Conférence a remis au président une proposition qui rassemble les vœux de nombreux secteurs de la société nicaraguayenne.

La rencontre s'est déroulée dans une ambiance de sérénité, de franchise et de sincérité. Nous avons fait état de la douleur et de l'angoisse du peuple face à la violence qui l'a touché ces dernières semaines. Et nous avons aussi parlé de l'agenda consensuel pour la démocratisation du pays, a indiqué le cardinal Leopoldo Brenes en lisant le communiqué.

«Nos avons remis au président une proposition qui recueille les sentiments de nombreux secteurs de la société nicaraguayenne et qui exprime les désirs de l'immense majorité de la population. Nous espérons une réponse écrite le plus rapidement possible», a-t-il conclu.

Brenes, qui est président de la Conférence Episcopale, a déclaré qu'une fois que le chef de l'Etat aura donné une réponse formelle, l'église convoquera une assemblée plénière des personnes participant au dialogue national afin d'analyser la dite réponse et faciliter la reprise des négociations.

Le dialogue national pour la paix au Nicaragua a été suspendu par la Conférence, témoin et médiateur de ce dialogue, à la mi-mai, à la suite du manque de consensus entre le gouvernement et les secteurs de l'opposition.

L'impasse s'est produite lorsque le bloc des opposants a tenté d'éviter de répondre à l'une des demandes formulées par les représentants du gouvernement et, en conséquence, les négociations se sont prolongées de manière intense pendant de longues heures.

Pour les représentants de l'Etat, le droit des citoyens à la paix civile était un préalable à toute autre discussion.

Cette proposition du gouvernement, rejetée par l'opposition, demandait la levée immédiate du blocage de routes et de rues, l'arrêt de tout acte de violence, quelle qu'en soit sa provenance, et la garantie d'emploi pour tous les nicaraguayens.

En conséquence, la délégation officielle n'accepta pas la proposition de la partie adverse qui demandait la discussion d'une loi cadre incluant, entre autres, des élections générales anticipées, la non-réélection et l'application des recommandations de la Commission Inter- Américaine pour les Droits de l'Homme.

A cette occasion, le chancelier Denis Moncada mit en garde sur cet agenda en 40 points que l'opposition prétendait imposer au dialogue et qui constituait un véritable un coup d'Etat.

Le 18 avril dernier le Nicaragua a connu une vague de violences déclenchées par la protestation contre les réformes de la sécurité sociale proposées par le gouvernement. Bien que ces réformes aient été par la suite retirées, les manifestations se sont poursuivies et d'autres exigences politiques sont alors apparues.

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