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Nicaragua: refus de suivre le mot d'ordre de grève lancée par l'opposition

Managua, 13 juin (PrensaLatina) L'appel à la grève générale lancé par une partie de l'Alliance Civique pour la Justice et la Démocratie (alliance d'opposition) se heurte aujourd'hui à un refus de la part de diverses catégories sociales du Nicaragua qui considèrent que les personnes appelant à cette grève ne représentent pas la majorité.


Sur les sites # ParoNoTrabajoSi  et #NoVamosalParo ("Non à la grève") beaucoup de nicaraguayens ont exprimé leur désaccord avec cette mesure mettant en danger la survie de nombreuses familles dont le gagne-pain dépend d'un travail quotidien.

"Peuple, frère, mère de famille n'oubliez pas que les entreprises privées ne pensent ni à vous ni à votre famille(...)" ou " frère travailleur, ne tombe pas dans le piège de la grève": voilà certains des commentaires qui circulent parmi les internautes s'opposant à un arrêt de toute activité.

Sur ces sites, on peut aussi lire que "ceux qui appellent à la grève sont les bourgeois qui ont les poches pleines et qui ne se soucient guère des gens qui doivent sortir chaque jour trouver leur pain. Ce sont eux qui souffrent vraiment".

La dénommée Alliance Civique a lancé un mot d'ordre pour une grève de 24 heures ce jeudi mais cette démarche a été rejetée par une grande partie de la population.

Le communiqué remis à la presse par l'opposition demande à tous les commerçants, à tous les chefs des petites et moyennes entreprises, à tous les professionnels indépendants installés à leur propre compte de fermer leur établissement et de cesser toute activité.

L'Alliance demande aussi à tous les employés des entreprises publiques de ne pas se présenter à leur poste de travail. Elle demande, finalement, à tous ses partisans de rester dans la rue, ce qui cause de fortes tensions et des perturbations dans plusieurs secteurs  de la société.

D'autre part, l'Alliance exige de la part du président de la République, Daniel Ortega, une réponse immédiate à la demande de reprise du dialogue national formulée par la Conférence  Épiscopale, témoin et médiateur de ce dialogue.

Selon les analystes politiques, la hiérarchie catholique -bien qu'ayant un poids certain dans la société nicaraguayenne - a perdu sa crédibilité depuis qu'elle a montré sa partialité évidente envers l'un des partis et que certains de ses membres ont incité publiquement à la grève et à la désobéissance civile.

Les observateurs font en particulier remarquer la manière avec laquelle l'archevêque auxiliaire du diocèse de Managua s'est prononcé en faveur de la grève sur son compte Twitter alors que les conséquences de cette mesure pourraient s'avérer néfaste pour les familles les plus vulnérables.

Selon l'Alliance, l'objectif de cette grève est de soutenir le dialogue dont la Conférence est le médiateur et d'exiger, également, l'arrêt immédiat de toute violence, cette même violence qui, d'après le gouvernement est justement encouragée par les groupes de la droite créole les plus racistes.

Le résultat est que le Nicaragua a vécu une nouvelle journée marquée par la violence, situation qui maintient les nicaraguayens dans un état d'anxiété depuis le 18 avril, date à laquelle a éclaté une crise socio-politique sans précédente dans les dernières décades.

Assassinats, enlèvements et actes de vandalisme perpétrés par des bandes de délinquants ont à nouveau perturbé l'ordre public et la tranquillité des familles.

Le 18 avril dernier, une vague de violence a déferlé sur ce pays jusqu'alors loué pour sa prospérité et sa sécurité. Des réformes de la sécurité sociale proposées par le gouvernement ont été à l'origine de ce raz-de-marée mais, bien qu'elles aient été par la suite retirées, cela n'a pas empêché les manifestations de se poursuivre.

D'autres revendications politiques ont alors fait leur apparition.

Ces actes sont dénoncés comme faisant partie d'un plan général dirigé de l'extérieur et dont l'objectif est de déstabiliser le pays en entrainant le renversement du gouvernement sandiniste. Les réformes n'ont été qu'une excuse pour mettre ce plan prémédité en marche.

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