Agence de Presse de l'Amérique Latine

Cuba commémore le 173 ème anniversaire de la naissance d’Antonio Maceo

Par Joel Michel Varona

La Havane, 14 juin (Prensa Latina) Aujourd’hui, les cubains commémorent le 173 ème anniversaire de la naissance du plus grand général de l’Armée de Libération, Antonio Maceo, connu sur l’île comme “le Titan de Bronze”.


Maceo - fils de Mariana Grajales, considérée dans notre pays comme “la Mère de la Patrie” - fut élevé, tout comme ses frères, dans une stricte discipline de travail, de propreté vestimentaire, de courtoisie, de respect envers ses aînés, d’honnêteté, de solidarité, de courage, de ténacité et de patriotisme.

Plusieurs historiens voient en lui un maître de la tactique militaire. On calcule qu’il prit part à plus de 600 combats, dont 200 peuvent être considérés comme des batailles de la plus grande importance.

Ces affrontements laissèrent sur son corps 26 cicatrices de guerre, 21 d’entre elles reçues pendant la Guerre de Dix Ans (1868-1878).

On se souvient également de lui à cause de la Protestation de Baragua, autre évènement historique qui montrait déjà le désir du peuple cubain de vivre sans chaînes et sans maîtres.

La désunion, la dispersion et l’égoïsme des “seigneurs de guerre” conduisirent à l’échec de la Guerre de Dix Ans contre le colonialisme espagnol et eurent pour résultat le pacte connu sous le nom de Pacte de Zanjon, signé le 10 février 1878. Ce document consignait non seulement la capitulation des cubains mais permettait à l’Espagne de le faire dans des conditions particulières injustes.

Toutefois, malgré une situation qui semblait inaltérable, beaucoup de cubains étaient convaincus que ce pacte de Zanjon ne marquait qu’un épisode du conflit, pas la fin de la guerre et que la lutte continuerait jusqu’à obtenir la véritable liberté.

Dans ce contexte, Maceo sut s’imposer grâce à sa conduite exemplaire. Sa volonté indomptable de continuer le combat poussa chefs, officiers et soldats à poursuivre la lutte et à se livrer corps et âme à la cause de l’indépendance.

Le 15 mars 1878, lors d’une rencontre à Mangos de Baraqua entre Maceo et le général espagnol Arsenio Martinez Campos, il devint évident que Maceo ne se soumettrait jamais  au pacte de Zanjon et qu’il était prêt à continuer jusqu’au bout le combat.

Martinez, qui s’était rendu à Baraqua confiant en la possibilité d’un compromis que lui avaient suggéré ses conseillers, dut s’incliner devant la résolution inflexible de Maceo et se retira moralement défait.

L’accord auquel parvinrent les deux hommes  ne garantissait ni l’indépendance, ni l’abolition de l’esclavage. Il était donc inacceptable pour tous ceux qui, dans la campagne cubaine, maintenaient  en secret leur foi en une libération définitive de l’île et étaient disposée à continuer, encore et toujours, le combat.

La transcendance de cet acte, expression même de l’esprit révolutionnaire, démontra que les chefs, les officiers et les soldats qui avaient déposé sur les épaules de Maceo le poids et les pénuries de cette guerre, n’étaient pas prêts à renoncer.

Selon les historiens, cette Protestation de Baragua fut un fait de bravoure qui vint à point et , non seulement consolida la pensée révolutionnaire en ces moments de profonde crise morale mais réaffirma clairement les objectifs fondamentaux de la révolte nationale: l’indépendance de Cuba et la liberté des esclaves.

Maceomourut au combat le 1 décembre 1896 à San Pedro, dans la province de La Havane. Ses restes reposent a l’intérieur du monument du Cacahual.

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