Agence de Presse de l'Amérique Latine

Les familles des équatoriens assassinés exigent ni oubli, ni impunité

Par SinayCéspedes Moreno

Quito, 27 juin (Prensa Latina)Trois mois après leur enlèvement, les familles des personnes travaillant pour le quotidien, “Le Commerce” dont les corps ont été identifiés en Colombie, demandent avec insistance qu’il n’y ait “ni oubli, ni impunité, ni répétition des faits” ayant abouti à l’assassinat de leurs parents.


L’identification des corps du journaliste Javier Ortega, du photographe Paul Rivas et de leur chauffeur EfrainZegarra, à l’Institut de Sciences Médico-Légale de Cali, ne constitue, pour les familles des victimes,  qu’un pas supplémentaire dans un processus qui ne s’achèvera que par la capture et le procès des responsables des faits incriminés.

“Aujourd’hui, 25 juin, trois mois après leur voyage à San Lorenzo, on a pu déterminer que les corps récupérés par les autorités colombiennes d’une zone rurale dans le département de Nariño, sont bien les membres de l’équipe de journalistes séquestrés le 26 mars dernier”, affirment les familles dans un communiqué émis du pays voisin où elles se sont rendues pour aider à l'identification.

Après avoir reconnu que ce crime inacceptable les emplissait d’ “une douleur et d’une consternation profondes”, elles ont insisté sur le fait qu’il était impossible de ne pas donner de suite à cet acte violent perpétré par le Front Oliver Sinisterra dont le chef, un dénommé “Gaucho”, est un dissident  de l’ancienne guérilla Forces Armées Révolutionnaires de Colombie- Armée du Peuple.

Se basant sur ces prémices, les familles, qui espèrent que les dépouilles de leurs parents seront rapatriées dans les prochaines heures (le 27 juin), ont insisté sur le fait que « l’identification des corps n’était qu’un premier pas sur le chemin qui les mènerait à la vérité ».

Si, auparavant, elles demandaient des informations sur les démarches du gouvernement équatorien pour localiser et libérer l’équipe de journalistes, maintenant qu’il n’y a plus aucun doute sur leur assassinat, les familles attendent des explications pour tirer au clair les circonstances entourant leur décès.

“En tant que représentants de Javier, Paul et Efrain, nous suivrons avec attention et vigilance les enquêtes qui vont être menées. Jusqu’au 13 avril dernier, l’un de nos principaux objectifs était le rapatriement de leurs dépouilles en Équateur pour leur donner des funérailles dignes, mais ceci ne peut nullement constituer la fermeture et la fin de cette affaire”, assurent les familles.

À plusieurs reprises, elles se sont senties gênées par la divulgation sur les réseaux sociaux de faits que les autorités chargées de l’affaire ne leur avaient pas communiqués.

Elles reconnaissent toutefois les efforts accomplis par les administrations de l’Equateur de et de la Colombie qui ont abouti à la localisation et à l’identification des membres de l’équipe de presse du quotidien “le Commerce”, et dont le décès avait été confirmé le 13 avril dernier par le président de la République, Lenin Moreno.

Ce crime, l’un parmi tant d’autres  commis par Gaucho et son groupe à la frontière nord depuis le début de l’année, s’est converti en une véritable cause qui a uni le peuple équatorien par des vigiles et autres manifestations publiques organisées depuis la disparition de l’équipe, le 25 mars, après qu’elle soit arrivée au village de Mataje où elle devait réaliser un reportage sur la situation dans cette zone frontalière.

Les réseaux sociaux se sont aussi convertis en bastions de lutte pour exiger des explications sur cette affaire et, même si de nombreux points restent encore mystérieux, il faudra bien que vérité soit faite devant l’exigence unanime de la pression populaire.

Des sites comme #IlsNousManquent3, #ExigeonslaVérité et #ToujoursIlsNousManqueront3 ont vu le jour sur le web ces trois derniers mois, et ils attendent des réponses.

De son côté, le gouvernement, à travers tous les ministères concernés par la sécurité et la protection des citoyens, confirme sa volonté de combattre le crime organisé qui est  responsable de cette situation à la frontière. Il s’engage à tenir les citoyens informés et à continuer ses efforts jusqu’à ce que les responsables soient jugés. Son objectif principal sera de rétablir la stabilité dans la zone frontalière commune, de garantir la sécurité des populations qui y habitent et de mettre sur pied des programmes spéciaux pour leur bien-être.

En ce qui concerne le cas de Javier, Paul et Efrain, la priorité, maintenant, est de remettre les dépouilles aux familles.

Dans le même temps, une autre affaire mystérieuse devra être éclaircie: celle de Katty Velasco et d’Oscar Villacis, un couple d’équatoriens enlevés par le groupe de “Gaucho” en avril dernier et de qui, après plus de deux mois, on ne sait toujours rien.

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