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Moro a agi de manière décisive pour empêcher la libération de Lula, affirme la défense

Brasilia, 9 juillet (Prensa Latina) La défense de Luiz Inacio Lula da Silva a aujourd'hui accusé le juge fédéral Sergio Moro d'être intervenu énergiquement pour empêcher la libération de l'ancien président du Brésil ordonnée ce matin par le juge RogerioFavreto.


Moro et le Ministère Public Fédéral (MPF) "ont une fois de plus agi comme un bloc monolithique contre la libération de Lula, démontrant ainsi qu'il n'existe pas de séparation entre les actes du magistrat et les instances d'accusation", a indiqué dans un communiqué l'avocat de la défense Cristiano Zanin Martins.

De tels agissements confirment que Lula est victime de "lawfare",  méthode qui consiste à dévoyer la loi et les procédures légales pour persécuter des ennemis politiques.

Dans ce même communiqué , la défense annonce qu'elle utilisera tous les moyens prévus par la loi, tant les procédures en cours au Brésil comme celles ayant cours au Comité des Droits de l'Homme de l'ONU, pour prouver que l'ancien président est victime d'une violation permanente de son droit à être jugé de manière juste, impartiale et indépendante.

À quoi il faut ajouter que l'exécution anticipée de la peine, en désaccord complet avec les termes de la Constitution, est incompatible avec tout État de Droit, précise la note de la défense.

Cet après-midi, dans leur conférence de presse, les députés du Parti des Travailleurs (PT) ont également dénoncé les manœuvres entreprises par Moro pour empêcher la libération de Lula.

Moro, actuellement en vacances au Portugal, est intervenu, de concert avec les fonctionnaires de la Police Fédérale (PF) et avec le juge Joao Gebran Neto, pour empêcher -de manière totalement illégale et inconstitutionnelle- que soit appliquée l'ordonnance permettant de libérer Lula,  ont déclaré les députés Paulo Pimenta et WadihDamous.

Selon les propos de Damous, rapportés par le portail web du Parti des Travailleurs, ce qui s'est passé ce dimanche constitue une aberration. "C'est la preuve évidente qu'il s'agit d'une séquestration politique".

De son côté, Pimenta raconte que dès leur arrivée au Commissariat Central de Curitiba, dans le Parana, où Lula purge sa condamnation de prisonnier politique depuis le 7 avril, la délégation du PT a senti que les agents de ce corps armé voulaient retarder autant que faire se peut la libération de Lula et que, même , ils étaient clairement hostiles à l'application de l'ordonnance du juge Favreto.

À un certain moment, rapporte-t-il, le délégué de la Police Fédérale nous a informé, sans faire preuve d'aucune honte, qu’il s’en tiendrait à l'avis de Moro, alors que, ajoute Pimenta, Moro est en vacances à l'étranger et qu'il n'a aucune juridiction pour mettre en question la décision d'un juge d'instance supérieure.

À l'évidence, Moro, le délégué de la Police Fédérale et le Ministère Public Fédéral (MPF) ont agi de manière organisée pour que la décision prise ce dimanche matin par le juge Favreto, la libération immédiate de Lula, ne soit pas appliquée.

Le juge Favreto assurait la permanence du Tribunal Régional de la Quatrième Région (TRF-4) lorsqu'il a accordé l'habeas corpus demandé vendredi dernier par Damous, Pimenta et Paulo Teixera, députés du PT, qui réclamaient la libération de Lula et faisaient remarquer qu'il n'existe aucun fondement juridique pour l'incarcérer.

Quelques heures plus tard, le juge fédéral Pedro Gebran Neto, de la cour d'appel de Porto Alegre, révoquait la décision de son collègue Favreto et indiquait que Lula devait continuer en prison pour purger la peine que cette même cour lui avait infligée.

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