Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le Nicaragua prend les devants et refuse qu'on se mêle de ses affaires intérieures

Managua, 2 août (Prensa Latina) Le gouvernement du Nicaragua a pris les devants et a refusé, cette semaine, l'éventuelle création d'une commission spéciale du Conseil Permanent de l'Organisation des États Américains (OEA) à la demande des États-Unis et de ses alliés dans la région.


Ce lundi, Managua a présenté une lettre de protestation aux membres de l'OEA dans laquelle elle dénonce les manœuvres politiques visant à s'ingérer dans les affaires intérieures du Nicaragua.

En effet, l'OEA a prévu une session extraordinaire ce jeudi à Washington au cours de laquelle on approuvera une résolution permettant de créer une commission spéciale de 12 pays qui devraient se rendre en visite au Nicaragua.

Selon le texte de cette résolution, l'objectif de cette visite serait d'aider au "processus de dialogue national au Nicaragua grâce à des mesures de soutien, d'accompagnement et de vérification en coordination avec les efforts actuels de l'Organisation et des autres acteurs régionaux et internationaux".

Face à cette manœuvre, l'Exécutif nicaraguayen  a élevé ses plus énergiques protestations et a condamné ce Projet de Déclaration du Conseil Permanent de l'OEA soutenu par les représentants de l'Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, de la Colombie, du Mexique et du Pérou, sans oublier les États-Unis.

Le gouvernement du Nicaragua a insisté sur le fait que cette proposition de l'OEA constitue un acte d'ingérence dans les affaires intérieures et porte atteinte à la souveraineté du pays.

Le Gouvernement de Réconciliation et d'Unité Nationale de la République du Nicaragua n'acceptera la création d'aucune commission spéciale du Conseil Permanent de l'OEA visant à s'occuper de ses affaires internes et n'accorde aucune légitimité aux réunions de l'OEA qui se tiendraient sans son consentement, peut-on lire dans la note de protestation de Managua.

En agissant de la sorte, Managua refuse toute manœuvre ultérieure qui pourrait nuire aux intérêts de la majorité des nicaraguayens qui sont en faveur de la paix, de la justice et de la sécurité.

D'un autre côté, Managua a demandé à l'Organisation des Nations Unies, au Système d'Intégration Centre-Américain et à l'Union Européenne de servir de médiateurs et de garants dans une seconde phase éventuelle du dialogue national, à laquelle participerait également la Conférence Épiscopale du Nicaragua.

Selon le site digital Informe Pastrán, un travail parallèle est en cours avec l'OEA pour préparer un emploi du temps des réformes électorales et institutionnelles qui devrait être prêt pour début 2019.

Les représentants de l'Union Européenne, les gouvernements de l'Espagne, du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne se sont prononcés en faveur du dialogue et ont proposé leurs bons offices.

Berlin a même considéré, qu'étant donné la douloureuse histoire des relations entre Washington et Managua, les États-Unis devraient se tenir à l'écart du processus de dialogue national au Nicaragua.

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