Agence de Presse de l'Amérique Latine

L'ONU demande à ce que le Yémen renoue avec le processus politique

Nations Unies, 5 août (Prensa Latina) L'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a annoncé qu'il était temps de renouer avec le processus politique à l'intérieur du pays après les deux années de négociations qui ont eu lieu au Koweit.


Il y a deux ans, nous avons eu une chance de mettre fin à la guerre au Yémen, mais, depuis la dernière session de négociations au Koweit, les résultats obtenus ont été insignifiants, a déclaré Martin Griffiths en présentant son rapport devant le Conseil de Sécurité.

Finalement, cette semaine, j'ai rencontré l'émir du Koweït et nous avons cherché  un moyen de renouer le dialogue entre les parties qui s'opposent au Yémen, a expliqué l'envoyé spécial.

Lors de la présentation de ce rapport, Griffith a annoncé que, le 6 septembre prochain, une première ronde de consultations aura lieu à Genève pendant laquelle on essaiera de voir comment on peut rétablir la confiance entre les deux parties. Ce sera un premier pas sur le chemin des négociations.

À ce sujet, il a tenu à souligner son engagement envers les femmes yéménites et il a rappelé comment il avait rencontré un groupe d'entre elles. À son avis, la participation de ce secteur de la société est cruciale pour la réussite des négociations car il est capital que le processus de paix soit aussi englobant que possible.

J'ai pu discuter avec des femmes yéménites de tous les secteurs de la société, avec les représentants de la société civile et des représentants des deux parties qui s'opposent, a-t-il précisé. Mais je me dois de le répéter: ce sont les femmes qui nous rappellent que les familles sont particulièrement touchées par la guerre et en souffrent.

Griffiths a aussi mis l'accent sur l'augmentation des confrontations à Hodeida. La ville est devenue l'épicentre de la guerre. La Mer Rouge elle-même est devenue un champ de bataille.

Cette guerre doit se terminer; c'est fondamental pour le peuple yéménite. Si nous ne parvenons pas à mettre fin à ce conflit, il y aura des millions de personnes de plus qui dépendront de l'aide humanitaire pour leur survie, a mis en garde le représentant du secrétaire général.

Ce qu'il faut avant tout maintenant, c'est de chercher une solution politique pour terminer ce conflit et, pour cela, mettre fin à l'escalade du conflit dans le port d'Hodeida et soutenir toutes les mesures visant à rétablir la confiance.

C'est pourquoi, John Ging, le directeur du Bureau des Affaires  Humanitaires des Nations Unies, a également mis l'accent sur les conséquences désastreuses de l'interruption des opérations commerciales dans le port d'Hodeida et du blocus qu'on lui impose.

Selon les chiffres officiels, plus de 70 pour cent de l'aide humanitaire, des denrées commerciales et de la nourriture entrent au Yemen par le port d'Hodeida. Sans oublier que le pays a une économie entièrement dépendante des importations.

La crise au Yémen est l'une des pires crises humanitaires sur la planète. Environ 8,4 millions d'êtres humains luttent chaque jour pour subvenir à leurs besoins fondamentaux, alerte l'ONU.

Le Yémen est victime d'un conflit où s'affrontent les troupes gouvernementales et les rebelles chiites appartenant au groupe huti. Cette crise est devenue encore plus aiguë en  2015,  après le début des bombardements effectués par une coalition anti-rebelle à la tête de laquelle s'est placée l'Arabie Saoudite.

peo/ga/ifb