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Le Tribunal Suprême Électoral n’a pas tenu compte de la décision de l’ONU: il a opposé son véto à la candidature de Lula

Brasilia, 3 septembre (Prensa Latina) Le Tribunal Suprême Électoral du Brésil a aujourd’hui ignoré la décision du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU et a posé son véto à la candidature présidentielle de Luiz Ignacio Lula da Silva pour les élections d’octobre prochain.


La décision était prise avant même la fin du jugement, après que quatre des sept ministres de cette Cour se soient prononcés pour l’exclusion de l’ancien président de l’élection présidentielle à venir, alléguant qu’il était inéligible en application de la loi nommée Loi de Ficha Limpia (ou Loi du Casier Judiciaire Vierge).

Le rapporteur de l’affaire, Luis Roberto Barroso, a été le premier à se prononcer contre l’enregistrement de la candidature de Lula et a totalement ignoré le caractère contraignant de la détermination du comité des Droits de l’Homme de l’ONU affirmant que la justice électorale n’était pas obligée de se soumettre aux prises de position de l’ONU.

En plus de refuser l’enregistrement de Lula, Barroso a accordé un délai de 10 jours à la coalition “Brésil heureux, à nouveau” pour trouver un remplaçant à Lula et il a décidé que toutes les manifestations  de campagne à la radio et à la télévision seraient suspendues jusqu’à ce que ce remplaçant soit nommé.

Au vote de Barroso se sont associés les ministres Jorge Musi, Og Fernandez et Ademar Gonzaga, alors que Edson Fachin s’est prononcé en faveur de la participation de Lula aux élections à venir, suivant ainsi la décision du Comité des Droits de l’Homme qu’il estime en parfait accord avec la constitution brésilienne.

"Quand on est juge, il faut tenir compte des conséquences des décisions que l’on prend", a-t-il mis en garde.

Le 17 août dernier, le comité des Droits de l’Homme de l’ONU a indiqué à l’État brésilien  qu’il devait garantir à Lula le plein exercice de ses droits politiques, y compris ceux qui se rapportaient à sa candidature présidentielle, “jusqu’à ce que tous les recours possibles permettant la révision de  sa condamnation soient épuisés et résolus de manière juste”.

Se référant à cette décision de l’ONU, l’avocate Maria Claudia Bucchianeri, membre de l’équipe de défense de l’ancien président, trouve ironique que le Pouvoir Judiciaire, dont le rôle est de protéger les droits de l’Homme, soit chargé en cette occasion de contredire ce que l’État brésilien reconnait dans ses propres déclarations; à savoir: le devoir de respecter ses engagement internationaux.

De son côte, Luiz Fernando Pereira, autre avocat de la défense, fait remarquer que cette mise à l’écart de la campagne électorale ôte à Lula la possibilité de changer sa situation et méconnait le pouvoir contraignant de la détermination du Comité de l’ONU, attitude qui n’est  pas conforme à toutes les décisions prises préalablement par le Tribunal Suprême Électoral.

Dans une note diffusée ce week-end, le parti des Travailleurs (PT) a condamné le fait que cette demande de Lula pour être inscrit sur la liste des candidats présidentiable n’a été inclue à l’ordre du jour de la session du TPE qu’au tout dernier moment, et qu’il s’agit-là d'une violence supplémentaire faite à l’ancien président, prisonnier politique depuis plus de 145 jours et à la tête des intentions de vote dans tous les sondages.

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