Agence de Presse de l'Amérique Latine

Des congressistes colombiens demandent une protection de la Justice Spéciale de Paix

Bogotá, 11 octobre (Prensa Latina) Des législateurs de différents partis politique colombiens ont demandé, dans une lettre adressée à des organismes internationaux, une protection pour maintenir l´indépendance et l´autonomie de la Justice Spéciale de Paix (JEP).


La missive a été envoyé au Gouvernement National, aux Nations Unies et à la Cour Pénale Internationale.

Parmi les signataires se trouvent les congressistes Roy Barreras, du Parti de l´Unité Nationale; Alexander Lopez et Ivan Cepeda, du Pôle Démocratique Alternatif; Pablo Catatumbo, de la Force Alternative Révolutionnaire du Commun; Antonio Sanguino, de l´Alliance Verte et Angela Maria Robledo, de Colombie Humaine.

Dans leur message, ils ont fait part de leur préoccupation au sujet des agissements du Ministère Public en ce qui concerne la JEP, ce après avoir considéré qu´il avait dépassé les limites de l´acceptable du point de vue constitutionnel en prétendant interroger une magistrate de ce tribunal.

Ils ont en ce sens exigé au gouvernement de garantir le travail de la JEP, son indépendance et ainsi favoriser les droits des victimes.

"Le Ministère Public mène des actions qui portent atteinte à l´autonomie de la JEP et frappent directement le processus de paix", ont souligné les congressistes.

Cette plainte s´ajoute au signalement de l´ONU la semaine dernière en raison de la perquisition de la JEP ordonnée par le Ministère Public local pour subtiliser un dossier lié à l´ancienne guérilla de la FARC-EP lors du conflit armé.

Par ailleurs, Kevin Turner, le directeur de l´Office pour les Droits de l´Homme de l´ONU à Medellin, a demandé le retrait de l´Armée Nationale des communes de cette ville du nord-est colombien.

Le fonctionnaire des Nations Unies a considéré que la militarisation n´est pas la solution pour les localités de la capitale du département d´Antioquia touchées par la violence.

""Nous reconnaissons que la situation est particulièrement complexe à Medellin, mais la militarisation de la ville n´est pas la solution à long terme", a-t-il souligné.

Il a de plus souligné que, depuis l´office qu´il dirige, et tout au long de cette année, une augmentation de la violence dans la zone urbaine a été perçue, puis que cette situation n´a pas été résolue par la réponse institutionnelle.

"Lors de nos dialogues avec des leaders sociaux et des défenseurs des Droits de l´Homme dans les communes de Medellin nous avons observé une ambiance de terreur et un manque de confiance envers les institutions en augmentation", a-t-il précisé.

Turner a estimé que c´est la Police Nationale qui est chargée de la sécurité des citoyens, tout en appelant à plus de dialogue entre les autorités locales et les leaders sociaux des communautés de Medellin. 

D´autre part, la Coordination Nationale des Cultivateurs de Coca, Pavo et Marihuana (Coccam) de Colombie a dénoncé l´assassinat d´un leader social et de ses deux fils dans le département de Cauca.

Selon la Coccam, samedi dernier, des hommes armés ont torturé puis assassiné le leader social Jaime Rivera puis ses fils Reinel et Jeisson Rivera dans une commune de ce département du sud-ouest du pays.

Les victimes étaient connues pour être des leaders accompagnant le processus de substitution des cultures illicites dans le Cauca, ainsi que des défenseurs de la mise en place de l´Accord de Paix.

La Coccam a dénoncé le fait que depuis le début de l´année 23 leaders sociaux ont été assassinés dans cette zone du pays.

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