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Les questions posées par Cuba à l´ONU restent sans réponse

Nations Unies, 17 octobre (Prensa Latina) Dans  le monde entier, les critiques et les questions sur la politique des États-Unis deviennent de plus en plus fréquentes. Comment un pays peut-il se poser en défenseur des droits de l'Homme quand il emprisonne des mineurs et pratique une telle ségrégation à l'égard des immigrants?


Mais Washington semble plus intéressé à donner des leçons aux autres qu'à trouver des solutions pour ses propres problèmes et, hier, les États-Unis ont organisé une rencontre dans la salle du Conseil Économique et Social des Nations Unies (Ecosoc) pour lancer une campagne contre Cuba.

Bien que la représentante permanente de Cuba à l'ONU ait été interdite de parole et qu'on ait coupé son microphone quand elle tentait de s'exprimer, Anayansi Rodriguez a haussé la voix pour remettre en cause la légitimité de la rencontre "qui n'aurait jamais dû obtenir la permission de se tenir à l'intérieur du bâtiment de l'ONU car son objectif avéré était d'attaquer l'un de ses membres".

Raison pour laquelle, a poursuivi Anayansi Rodriguez de vive voix, il est regrettable que le secrétariat de l'ONU accepte que l'Organisation soit ainsi utilisée pour se retourner contre un pays faisant partie intégrante de cette organisation multilatérale. Le fait que son siège principal se trouve à New York ne signifie pas que l'ONU appartienne aux États-Unis et qu'ils puissent s'en servir pour agresser d'autres États aussi souverains qu'eux, a insisté l'ambassadrice cubaine.

Malgré  l'opposition des organisateurs, des membres des corps diplomatiques Cubain et d'autres pays latino-américains comme la Bolivie et le Nicaragua, ont insisté pour participer à la rencontre afin de dénoncer les violations des droits de l'Homme commises par les États-Unis.

"Qu'ont offert les États-Unis pour pouvoir organiser une telle réunion qui viole les principes mêmes de l'ONU (qui est une organisation multilatérale)?", a demandé la délégation cubaine après avoir refusé de quitter la salle.

Puisque les États-Unis sont tellement préoccupés par les droits de l'Homme à Cuba, quand vont-ils démanteler le blocus économique, commercial et financier contre le pays? Il s'agit là d'une violation flagrante des droits de l'Homme, a rappelé Ana Silvia Rodriguez, l'ambassadrice adjointe permanente à l'ONU.

Si Washington est tellement attaché au respect des droits de l'Homme, pourquoi le gouvernement des États-Unis  s'oppose-t-il à une enquête internationale sur les tortures perpétrées par sa propre armée à l'intérieur de la base navale illégalement occupée de Guantanamo?, a ajouté Ana Silvia Rodriguez.

Pourquoi les États-Unis n'organisent-ils pas une rencontre pour expliquer à la communauté internationale comment ils protégeaient les Droits  de l'Homme des détenus d'Abu Grahib et de Guantanamo?, a-t-elle poursuivi.

L'ambassadeur cubain, Humberto Rivera, a également posé des questions aux organisateurs de la rencontre. Mais, elles aussi, sont restées sans réponse.

Comment les États-Unis expliquent-ils l'application de critères raciaux par les institutions nord-américaines chargées de faire respecter la loi? Pourquoi meurt-il davantage de noirs que de blancs aux mains de la police? Pourquoi les États-Unis ne lancent-ils pas une campagne "Jailed for what?" pour défendre les droits des enfants migrants incarcérés dès leur arrivée au "pays de la liberté"? Pourquoi ces enfants sont-ils maintenus en prison?, a martelé Humberto Rivera.

À l'origine, les États-Unis avaient prévu que quelques 200 personnes assisteraient à la réunion dans la salle de l'Ecosoc pour le lancement de la campagne anti-cubaine "Jailed for what?" sur la supposée existence de prisonniers politiques à Cuba.

Mais seulement une vingtaine a répondu à leur invitation et il y avait d'avantage de personnes présentes pour s'opposer à l'utilisation de l'ONU à de telles fins que de partisans de la campagne anti-cubaine.

En dépit des demandes répétées pour que les opposants à la tenue de cette rencontre quittent la salle de l'Ecosoc, ces derniers n'ont pas cédé et ils ont fait remarquer, qu'étant données les législations en vigueur dans la majorité des pays, les participants à cette rencontre se comportaient comme des agents de l'étranger ou comme des mercenaires agissant contre leur propre peuple, ce qui est un déshonneur pour l'ONU.

Les délégations de la Bolivie et du Nicaragua ont toutes deux exprimé leur solidarité envers Cuba et ont condamné cette rencontre sans aucune légitimité et dont l'ONU n'aurait jamais dû permettre la tenue.

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