Agence de Presse de l'Amérique Latine

Trump menace d'envoyer davantage de troupes le long de la frontière mexicaine et met en ligne une vidéo controversée

Washington, 1er novembre (Prensa Latina) Le président des États-Unis, Donald Trump, a menacé d'envoyer jusqu'à 15 mille soldats le long de la frontière mexicaine et  a publié une vidéo dans laquelle il critique les démocrates pour avoir laissé entrer des criminels violents dans le pays.


Bien que le Pentagone ait déjà annoncé cette semaine qu'il déploierait cinq mille 200 militaires le long de la frontière sud, afin d'aider la Police des Frontières à empêcher le passage de la caravane de migrants d'Amérique Centrale qui se dirige vers les États-Unis, le président a laissé entendre que ce chiffre pourrait être revu à la hausse et multiplié presque par trois.

"Nos militaires sont déjà déployés et prêts à accomplir leur tâche quand la caravane essaiera de passer la frontière. Nous avons cinq mille hommes sur le terrain et nous irons jusqu'à 10 mille ou 15 mille si nécessaire", a-t-il déclaré à la presse.

Par la suite, le chef de la Maison Blanche a fait paraître un communiqué de presse indiquant que le nombre de soldats en place serait variable en fonction de la situation, mais que son estimation initiale de plus de sept mille militaires déployés le long de la frontière mexicaine avec la Californie, l'Arizona et le Texas était toujours valable.

Des officiers de haut-rang ont défendu ce déploiement de troupes pour des raisons de sécurité nationale et cette opération, à leurs  dires, est destinée à porter soutien au Service des Douanes et de la Protection des  Frontières, en aidant à planifier ses actions, tout comme celles dans les domaines de l'ingénierie, des transports, de la logistique et de la santé.

Mais, dans sa rhétorique, Donald Trump montre une image très différente lorsqu'il considère que l'envoi de troupes est une intervention nécessaire pour éviter que des individus potentiellement dangereux ne pénètrent dans le pays, comme il l'a expliqué sur CNN.

En fait, Trump est en train  de peindre  un tableau tout-à-fait différent pour rassurer sa base politique, avec des soldats déployés tout le long de frontière pour contenir l'envahisseur alors que, comme l'a déclaré John Kirby, le commentateur politique de CNN, il s'agit, en fait, non d'envahisseurs mais de mécaniciens, de travailleurs dans la construction, de planificateurs, de pilotes et de futurs  employés dans les ministères.

Certains experts militaires et les membres démocrates du Congrès estiment que ce déploiement est un "stratagème politique" pour mobiliser la base républicaine avant les élections de mi-mandat qui auront lieu mardi prochain.

Ils attirent l'attention sur l'ampleur de cette opération destinée à contenir une caravane qui, selon les médias locaux, a moins de quatre mille personnes, parmi elles de nombreuses femmes et des enfants, et qui, pour le moment, se trouve à quelques mille 500 kilomètres du plus proche point d'entrée aux États-Unis.

La stratégie du Président républicain se fonde sur la criminalisation des migrants, raison pour laquelle il ne cesse de répéter, et sans preuve aucune,  que, dans le groupe, voyagent des membres de bandes criminelles organisées et, même, des personnes originaires du Moyen-Orient.

C'est l'objectif, semble-t-il, de la vidéo qu'il a publiée hier après-midi et dans laquelle apparaît, parmi d'autres images, le témoignage de Luis Bracamontes, un immigrant sans papiers qui a assassiné deux policiers en 2014 et qui se trouve maintenant dans le couloir de la mort.

"Les démocrates l'ont laissé entrer dans notre pays; ils l'ont laissé rester. Qui d'autres veulent-ils encore laisser entrer?", peut-on lire sur le compte Twitter du Président.

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