Agence de Presse de l'Amérique Latine

Trump doute du changement climatique; son propre gouvernement le dément

Par Martha Andrés Román

Washington, 26 novembre (Prensa Latina) Deux jours à peine après que le président des États-Unis, Donald Trump, ait remis en doute le réchauffement climatique, un rapport de son propre Gouvernement a mis en garde contre les conséquences dangereuses que ce phénomène avait sur le pays.


"Une explosion brutale et étendue du froid peut briser tous les records. Que dira-t-on alors du réchauffement de la planète ?", a publié le président sur son compte personnel Twitter, mercredi dernier, lorsque la météo prévoyait des baisses de températures record pour cette époque de l'année.

Les climatologues ont critiqué ce twitt en faisant remarquer qu'il n'y avait "rien d'extraordinaire" dans le fait qu'il fasse froid au mois de novembre.

"Ce twitt démontre, une fois de plus, qu'on ne peut prendre Donald Trump au sérieux sur aucun sujet, et encore moins sur le réchauffement climatique", a écrit sur le Huffington Post Michael Mann, le spécialiste de l'Université de Pennsylvanie.

Il n'a pas fallu beaucoup de temps aux experts pour pointer la faille dans le raisonnement de Trump, à savoir la différence entre le "temps" et le "climat", le premier dépendant à court terme des conditions atmosphériques alors que le second s'attache aux tendances à long terme, selon les définitions de l'Administration Nationale de l'Aéronautique et de l'Espace (NASA).

Mais la réfutation la plus incisive du twitt présidentiel est arrivée de sa propre administration car 13 agences fédérales ont publié hier un rapport avertissant que les États-Unis ressentent déjà l'impact du changement climatique sous forme d'incendies de forêts et de cyclones.

Le climat de la planète Terre est en train de changer plus rapidement qu'à n'importe quel autre moment de l'histoire et ceci est principalement dû aux activités humaines, explique ce rapport élaboré par des organisations comme la NASA et le Département de la Défense.

Les effets du changement climatique de la planète vont devenir plus importants mais la gravité des conséquences auxquelles nous devrons faire face dépendra en grande partie des actions prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour s'adapter aux changements encore à venir,  peut-on lire sur ce rapport.

Ses auteurs sont plus sûrs que jamais que le réchauffement climatique représente une menace grave pour la santé et l'économie des habitants des États-Unis, ainsi que pour l'infrastructure et les ressources naturelles du pays.

Les températures les plus hautes, mettent-ils en garde, causeront la mort de davantage de personnes; ne serait-ce que dans la partie centrale du pays -le Middle-West- où l'on prévoit les hausses maximales, les fortes températures seront la cause de deux mille  décès annuels supplémentaires dès l'année 2090.

Prenant en compte l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, on prévoit que les pertes se chiffreront dès la fin du siècle en centaines de milliards de dollars pour certains secteurs de l'économie, c'est à dire davantage que le produit interne brut actuel de beaucoup d'états nord-américains, poursuit le rapport.

Ce rapport, intitulé "Quatrième Évaluation Nationale du Climat", allait être publié le mois qui vient mais, finalement, il a été rendu public vendredi, journée de soldes du Black Friday qui suit les fêtes traditionnelles de Thanks Giving.

Al Gore, l'ancien vice-président démocrate, tout comme plusieurs autre spécialistes de la question, ont accusé l'administration Trump d'essayer de cacher ces informations importantes, en les faisant passer subrepticement au milieu de cette période de festivités, car ce rapport va jusqu'à critiquer l'industrie du charbon qui est l'un des solides alliés de Donald Trump.

Selon Bernie Sanders, le sénateur démocrate  pré-candidat aux dernières élections présidentielles, le gouvernement de Trump tente de dissimuler les conclusions de ce rapport. Elles  font clairement apparaître  les conséquences dévastatrices du changement climatique alors que les actions du locataire de la Maison Blanche ne font que l'empirer considérablement.

"Notre tâche est évidente. Nous devons réduire de manière immédiate  et drastique toutes les émissions de gaz carbonique qui contaminent l'atmosphère", insiste Bernie Sanders sur son compte Twitter.

Toujours sur Twitter, Collin O'Mara, le président de la Fédération Nationale de la Faune Sylvestre, estime que cette Évaluation Nationale sur le Climat a été rendue publique le jour du Black Friday parce que la Maison Blanche ne veut pas qu'on la lise.

La porte parole de la Maison Blanche, Lindsay Walters, a fait paraître un communiqué expliquant que cette étude ne tenait compte que de la fourchette la plus extrême et que ses résultats sont en contradiction avec des tendances basées sur des périodes plus longues; sans oublier qu´une partie du présent rapport avait été recompilée à l´époque de l'administration de Barack Obama (2009-2017).

En réponse, Katherine Hayhoe, l'une des auteurs de ce rapport, a fait savoir que les affirmations de Walters étaient fausses, comme on pouvait facilement le prouver.

"J'ai rédigé le chapitre sur les divers scénarios climatiques et je peux confirmer qu'ils ont tous été pris en considération, depuis ceux qui se basent sur des émissions de carbone négatives jusqu'à ceux qui prennent en compte des émissions en progression constante", a-t-elle twitté.

Quant au sénateur démocrate Brian Schatz, qui appelle à revenir  aux Accords de Paris, que Trump à décidé d'abandonner l'année dernière, il estime que  "nous devons savoir quel est le prix réel de l'utilisation du carbone et, pour cela, nous nous  devons de financer les organisations scientifiques qui étudient ce problème. Il est impératif que nous nous dotions d'une infrastructure verte".

Pour le député démocrate Eliot Engel, l'Évaluation Nationale du Climat dit exactement ce que tout le monde, à l'exception du président et du Parti Républicain, sait déjà: "le changement climatique est un problème très sérieux. Il faut agir maintenant".

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