Agence de Presse de l'Amérique Latine

Après 40 jours de grève de la faim, la vie de Jorge Glas est en danger

Quito, 30 novembre (Prensa Latina) Voilà 40 jours que l'ancien vice-président de l'Équateur, Jorge Glass, s´est déclaré en grève de la faim. Après plusieurs alertes sur son état de santé, les médecins estiment que sa vie est maintenant en danger.


Son état général, constate un rapport médical récent, s'est détérioré en raison de son refus de s'alimenter.

Par cette grève de la faim, Jorge Glass entend protester contre son transfert arbitraire au centre de haute sécurité de Latacunga alors qu'il était déjà incarcéré à la Prison  4 de Quito, où il purgeait une peine pour supposée association illicite dans le cadre de l'affaire Odebrecht, la compagnie brésilienne, et que, faut-il le rappeler, la justice équatorienne n'a pas fini de se prononcer sur cette affaire.

Selon un rapport circulant sur les réseaux sociaux, Glas a été victime de plusieurs malaises, d'attaques de tachycardie (même en état de repos), de pertes de concentration, de douleurs abdominales modérées et de divers autres symptômes.

Le diagnostic indique que des mesures préventives doivent être prises si l'on ne veut pas que la détérioration ne devienne irréversible au niveau neurologique, rénal, hépatique ou systémique par manque d'alimentation.

De nombreuses demandes tentent d'intercéder auprès du gouvernement équatorien afin de sauver la vie de Jorge Glas qui ne demande qu'à retourner à sa cellule de la Prison 4 où il sera possible de traiter ses problèmes de santé chroniques: gastrite, hypertension et spondylite ankylosante, cette dernière maladie pouvant avoir des effets catastrophiques.

Ces  dernières heures, même le Bureau du Médiateur a tenu à s'exprimer sur cette affaire.

"Étant donnée la détérioration de l'état de santé de monsieur Jorge  Glas en raison de la grève de la faim qu'il mène pour défendre son droit à son intégrité physique, nous souhaiterions que les mesures nécessaires soient prises pour garantir la vie du prévenu; entre autres, que soit étudié son transfert à un autre endroit de privation de liberté", précise la requête.

À cette demande, il faut en joindre d'autres, nombreuses, d'organisations sociales, d'intellectuels, de législateurs et de simples citoyens qui considèrent que le transfert de Glas relève d'un acte de vengeance pour répondre à la fuite de Fernando Alvarado, l'ancien secrétaire à la communication, qui allait devoir répondre devant un tribunal  dans une affaire qu'il considérait de pure persécution politique.

Rafael Correa, l'ancien président de l'Équateur, a également tenu à donner son point de vue sur les réseaux sociaux.

" La santé du vice-président Jorge Glas est gravement compromise. Il est prêt à se laisser mourir pour faire valoir sa dignité, son courage et son honnêteté. N'oubliez jamais que ce transfert de la Prison 4 est un acte de vengeance et qu'il suffit d'un seul ordre pour qu'il puisse retrouver sa cellule dans cette prison".

À son avis, les responsables directs de la situation sont le président Lenin Moreno et son conseiller politique Paul Granda.

Pendant ce temps, à l'extérieur du pays, les communautés d'équatoriens vivant à l'étranger manifestent et font des permanences devant les consulats et les ambassades pour obtenir le retour de l'ancien vice-président à Quito afin qu'il y soit soigné.

Son affaire attend encore la réponse du recours en cassation. Ses avocats espèrent alors pouvoir démontrer toutes les irrégularités qui entachent un procès pour lequel on a utilisé une procédure périmée qui avait été abrogée.

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