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Deux dirigeants séparatistes catalans incarcérés débutent une grève de la faim

Madrid, 3 décembre (Prensa Latina) Jordi Sánchez et Jordi Turull, deux des neufs dirigeants séparatistes catalans emprisonnés pour leur rôle dans la déclaration d’indépendance et la tentative de sécession de 2017 ont entamé une grève de la faim pour dénoncer ce qu’ils considèrent être un déni de leurs droits par la justice espagnole.


Ces neufs hommes sont poursuivis par le Tribunal Suprême espagnol (TS) pour délit présumé de rébellion après qu’ils aient participé le 1er octobre de l’année dernière à l’organisation d’un référendum souverainiste, puis à la proclamation de l’indépendance de la Catalogne le 27 du même mois

“Nous dénonçons le blocage du Tribunal Constitutionnel qui nous empêche d’avoir accès à la Cour européenne”, ont indiqué Sánchez et Turull dans communiqué lu samedi dernier par leurs représentants légaux, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Barcelone, capitale de la Catalogne.

“Nous nous lançons dans cette grève de la faim avec toute la force et la dignité que nous donne cette action non-violente, l’une des rares formes de protestation légitime permises en milieu carcéral”, ont-ils précisé.

Le communiqué critique le manque de réponse du Tribunal Constitutionnel (TC) concernant les diverses requêtes directes en contrôle de constitutionnalité présentées par les deux dirigeants indépendantistes.

En clair, ils exigent que le Tribunal Constitutionnel (TC) donne une réponse à leurs requêtes afin de savoir si ces dernières sont rejetées. Dans ce cas, ils pourraient présenter un recours auprès d’une juridiction internationale, en l’occurrence, le Tribunal Européen des Droits de l’Homme (TEDH).

Dans ce communiqué, Sánchez et Turull rappellent que le Tribunal Constitutionnel a accepté que ces requêtes  lui soient remises (ce que les deux prévenus ont déjà fait huit fois), mais, qu’ensuite, aucune de ces requêtes n’a été traitée, “un retard inexcusable et un blocage de facto” qui, font-ils remarquer, les empêche de faire appel au TEDH.

“Nous ne demandons aucun traitement de faveur, mais nous n’acceptons non plus aucune discrimination ni aucun délai injustifié. Nous ne demandons même pas que nos requêtes soient exaucées: nous désirons uniquement savoir si elles sont refusées ou simplement rejetées. C’est le seul moyen de débloquer la situation pour nous permettre de nous adresser à justice européenne”, ont-ils insisté.

“Les recours contre les décisions de prison préventive doivent être considérés prioritairement et doivent recevoir une réponse dans un délai maximum de 30 jours, comme le stipule la Loi sur la Responsabilité Pénale et le réglementé même du Tribunal Constitutionnel.

Sánchez et Turull revendiquent que “l’accès aux tribunaux, sans délais injustifiés ni obstacles inutiles, est un droit inaliénable de toute personne”.

Faire obstacle à l’exercice de ce droit (qui doit être accordé avec toutes les garanties requises par la justice) peut porter préjudice et nuire de manière irréparable aux droits fondamentaux du citoyen, ajoutent-ils.

Pour l’actuel président de Catalogne, Quim Torra, lui aussi séparatiste, la situation dans laquelle se trouvent les deux détenus est le résultat d’une “mauvaise pratique du droit qui implique une négation évidente des garanties de la défense”.

À son avis, le prestige de la justice espagnole et l’image qu’elle donne à la communauté internationale sont au plus bas.

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