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Curiosités de la prise de possession d´Andres Manuel Lopez Obrador au Mexique

Par Luis Manuel Arce Isaac

Mexico, 4 décembre (Prensa Latina) Il y a plusieurs curiosités spécifiques à la prise de possession du président mexicain élu, Andres Manuel Lopez Obrador. La premières d´entre-elles est peut-être le fait que la majorité de ses concitoyens le tutoient par le surnom d´Amlo, initiales de ses prénoms et noms de famille.


Un autre est qu´il est le candidat présidentiel qui a obtenu le plus de vote dans l´histoire récente du pays, avec près de 30 millions de suffrages, en ajoutant qu´il a obtenu la majorité absolue dans les deux chambres et le contrôle des gouvernements des États de la nation.

Par sa victoire, le "tabasqueño", comme il est également appelé en référence à son lieu de naissance (il est originaire de l´État de Tabasco), a déclaré la fin de la troisième transformation et le début de la quatrième avec son gouvernement. Raison pour laquelle son programme, complexe et difficile à mettre en œuvre, vise de nouveaux horizons sur des thèmes épineux comme l´économie, l´éducation, la santé et les finances, mais particulièrement sur des sujets sociaux comme la lutte contre la corruption et la violence.

Les transformations antérieures mentionnées font référence à l´indépendance du pays face à l´Espagne, conquise en 1810, la réforme du milieu du XIXème siècle, puis la Révolution de 1910. Même si avec un Mexique moderne et industrialisé, et en particulier informatisé, la quatrième transformation que le nouveau mandataire prétend instaurer, dès le début de sa prise de possession (dimanche dernier), ne laisse pas l´histoire derrière elle et tente de rénover la pensée politique et idéologique de ses héros.

Cette quatrième transformation, selon le mandataire, requerra d´une constitution morale basée sur le critère qui suggère que ce qui fait le succès politique et le rend durable, se sont les transformations éthiques qui doivent se refléter dans la conscience des personnes.

Une autre curiosité est que, pour la première fois, le Mexique n´aura pas de première dame, puisque son épouse, Beatriz Gutierrez Muller, a renoncé à cette tradition et occupera un poste culturel honorifique, car elle préfère continuer en tant que professeur d´université et écrivaine.

Peut-être pas aussi curieux, mais vraiment dangereux, est le fait que Lopez Obrador est un leader politique d´une mentalité tellement ouverte et avec tant de conviction dans ses objectifs qu´il n´a pas peur de répandre des idées comme celle qu´il va être le meilleur président que le Mexique a eu et qu´il en terminera avec la violence.

Tout comme le fait que les succès dans la bataille contre la corruption (qu´il compte mener) permettront au pays d´atteindre la désirée croissance de 4 pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB), et ainsi laissé derrière lui une progression qui atteint très difficilement les 2 pour cent depuis plusieurs périodes.

Dans le même registre, il assure qu´avec son arrivée au gouvernement le Mexique laisse derrière lui la période néolibérale, et s´ouvre vers une nouvelle politique en matière économique, par laquelle il ne gouvernera pas uniquement pour les marchés, il n´augmentera pas la dette publique réelle et il n´y aura pas de macro-déséquilibres.

Un autre fait qui s´ajoute aux caractéristiques sui generis du mandat d´Amlo qui a commencé dimanche 1er décembre dernier, est celui de la crise migratoire centre-américaine dont il hérite, ce qui accroit les tensions avec son puissant voisin du nord, lequel insiste à ériger un énorme mur frontalier comme s´il pouvait ainsi contenir les causes à l´origine de ce dramatique événement.

Lopez Obrador propose face à cela un plan d´investissements conjoints avec les États-Unis pour le Honduras, le Salvador et le Guatemala; plan qui en est à peine à ses prolégomènes et au sujet duquel le président étasunien Donald Trump ne s´est pas prononcé.

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