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Colombie: selon l’ONU les attaques contre les dirigeants sociaux sont organisées de manière systématique

Bogotá, 11 décembre (Prensa Latina) L’ONU considère que la situation des leaders sociaux en Colombie est non seulement effrayante mais qu'il existe également des points communs entre les attaques dont ils sont victimes, ce qui tend à prouver qu’elles sont menées de manière systématiques, estime Michel Frost, le rapporteur de l’ONU pour les Droits de l’Homme.


Pendant 10 jours, Frost a parcouru les régions de Catacumbo, La Guajira, Antioquia, Santander-Nord, Chocó et Cauca pour y étudier la condition des défenseurs des droits de l’Homme. Elle est grave et dramatique, en a-t-il conclu.

Ce haut fonctionnaire des Nations Unies affirmé qu’il a été témoin de la crainte dans laquelle vivent les dirigeants sociaux colombiens et leurs familles dans les zones qui ont été le théâtre du conflit armé, et dans lesquelles, paradoxalement, l’insécurité s’est accrue depuis les accords de paix.

L’État central est encore absent dans les régions abandonnées par les forces dissoutes des FARC-EP (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple), et les meurtres y sont plus nombreux qu’auparavant, souligne Frost, qui a transmis le résultat de ses recherches au gouvernement d’Iván Duque.

Il a aussi tiré la sonnette d’alarme sur le haut niveau d’impunité existant dans le pays, ce qui ne peut qu’encourager les actes d’homicide.

À ce sujet, il a fait remarquer que les chiffres avancés par le Procureur Général n’étaient pas très convaincants, bien que, a-t-il ajouté, le taux d’impunité en Colombie n’est pas aussi élevé qu’au Honduras ou au Mexique.

Michel Frost a aussi insisté sur le fait que, après ses entretiens avec les communautés sur le terrain, il est évident que les menaces et les attaques perpétrées sont très souvent motivées par des objectifs politiques et économiques, comme la demande de redistribution des terres.

De même, a-t-il tenu à faire remarquer, il existe de grandes compagnies étrangères qui investissent dans le pays et dont les activités pourraient être en train de causer des dommages parmi la population rurale, notamment parmi les personnes employées dans l’extraction des minerais.

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