Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le Liban et Israël, une guerre que personne ne souhaite

Par Armando Reyes Calderin

Beyrouth, 11 décembre (Prensa Latina) Les récentes actions d´Israël aux abords des frontières avec le Liban annoncent une possible escalade de la part du régime de Tel-Aviv, même si dans le fond aucun des deux côtés ne souhaite une guerre.


L´armée israélienne a entrepris une opération pour détruire des tunnels qui auraient été construits par l´organisation politico-militaire Hezbollah dans le but de pénétrer en Palestine occupée.

Ces actions se réaliseront uniquement sur ce territoire usurpé, même si des fonctionnaires israéliens de haut rang ont déclaré qu´une incursion pourrait être nécessaire pour neutraliser les menaces du Hezbollah.

Les analystes se demandent cependant si Tel-Aviv est disposée à initier une autre guerre qui ne favorise personne.

En 2006, l´invasion de la part de l´entité sioniste a fracassé en raison du niveau d´affrontement opposé par la Résistance Islamique libanaise.

Cette aventure a duré 33 jours, et s´est conclue par une Résolution du Conseil de Sécurité de l´ONU qui a inclus l´envoi de casques bleus pour patrouiller le long de la frontière entre les deux États.

Des experts estiment qu´Israël a mal calculé les capacités du Hezbollah, puis que la Résistance Islamique est actuellement bien plus professionnelle qu´à l´époque et qu´elle possède un armement capable d´atteindre plusieurs points importants de l´État sioniste.

Certains médias spécialisés considèrent que le peuple ne tolérera pas plus de morts en Israël, et que l´idée d´un conflit ne jouit pas de popularité, même s´il pourrait être une porte de sortie pour le premier ministre Benjamin Netanyahu face à une situation de rejet interne.

Tel-Aviv annonce se rendre au Conseil de Sécurité de l´ONU pour se plaindre de prétendues découvertes et violations des résolutions du plus haut organe international.

Mais elle oublie ses propres violations quasi quotidiennes de l´espace aérien et des eaux territoriales du Liban, en infraction de la Résolution 1701 du même Conseil de Sécurité de l´ONU.

De mars à juin derniers, les Forces de Paix de l´ONU au Liban (FPNUL) ont enregistré 456 violations aériennes israéliennes avec mille 518 heures de survol.

Les appels incessants de la FPNUL pour qu´Israël cesse ces opérations ne sont nullement pris en compte, ni même écoutés.

L´ONU a également annoté le non respect de la part d´Israël qui occupe le nord de la localité de Ghajar, ainsi qu´une zone adjacente au nord de la dénommée Ligne Bleue, reconnue par la plus haute instance mondiale comme la frontière entre les deux parties.

Elle passe également outre la proposition de 2011 destinée à faciliter le retrait de zones qui appartiennent au Liban.

Au fur et à mesure que la communauté internationale ferme les yeux au sujet de ces violations, la possibilité d´une guerre est évidente.

Quant à la perception libanaise, elle est que la Résistance Islamique ne rendra pas ses armes si Israël continue d´occuper le territoire libanais, et se base sur l´accord signé à Taif, en Arabie Saoudite, pour mettre fin à la guerre interne dans ce pays de 1975 à 1990.

Une autre raison qui freine les intentions belliqueuses de Tel-Aviv est sa méconnaissance du potentiel et de l´emplacement des armes du Hezbollah, lequel a des possibilité de lancer des missiles sur Israël.

Malgré cet avantage psychologique, le Liban ne souhaite pas la guerre, aux dires du premier ministre désigné, Saad Hairi, qui a souligné qu´une escalade n´est pas recherchée face à l´activité militaire israélienne le long de la frontière sud.

peo/tgj/arc