Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le Nicaragua qualifie d´illégales les tentatives destinées à lui appliquer la Charte Démocratique de l´OEA

Managua, 3 janvier (Prensa Latina) Le Nicaragua a accusé le secrétaire général de l´Organisation des États Américains (OEA), Luis Almargo, de manœuvrer de manière illicite pour tenter de lui appliquer la Charte Démocratique de ce mécanisme continental.


Dans un courrier envoyé à ses homologues d´Amérique Latine et des Caraïbes, le ministre nicaraguayen des Affaires Étrangères, Denis Moncada, dénonce les manœuvres illégales d´Almargo pour encourager l´application à l´encontre du Nicaragua de l´article 20 de la charte interaméricaine, « actions sans précédent, illégales, qui contreviennent à la propre Charte Démocratique, tout comme à la Charte de l´OEA ».

Moncada rappelle dans sa missive que la Charte Démocratique a été conçue comme un instrument destiné à restaurer des gouvernements démocratiquement élus, puis comme un mécanisme contre les coups d´État et le renversement par la force de dirigeants élu par la voie démocratique. Le ministre assure que cela n´est pas le cas du Nicaragua.

« Au Nicaragua, il existe une autorité légitime, démocratiquement élue, qui est le Gouvernement de Réconciliation et d´Unité Nationale dont le président Daniel Ortega est à la tête », soutient-il.

Il a été élu en 2016 pour la période 2017-2021, avec 72,44 pour cent des votes au travers d´élections libres, secrètes et universelles, sous contrôle international. Puis il est reconnu par la communauté internationale.

Le chancelier souligne que la Charte Démocratique respecte les principes de non intervention, de souveraineté, d´auto-détermination et le consentement préalable du gouvernement affecté avant d´être activée.

« Ces conditions requises sont illégalement, malicieusement et perversement ignorées par le secrétaire général Luis Almargo à l´encontre du peuple du Nicaragua et de son gouvernement démocratique et légitime », insiste Moncada.

Le gouvernement nicaraguayen affirme que le chef de l´OEA « n´est pas autorisé, dans les circonstances actuelles de notre pays, à solliciter l´immédiate et urgente convocation du Conseil Permanent basée sur l´article 20 de la Charte Démocratique Interaméricaine ».

Il appelle de plus les États membres de l´OEA « à ne pas permettre et soutenir ces actions infondées qui nuisent à la paix, la stabilité et la coopération amicale et respectueuse entre les peuples et les gouvernements ».

Le ministre rappelle que depuis avril dernier, des secteurs de l´opposition soutenus et financés depuis l´étranger ont perpétré une série d´actes de terrorisme comme des assassinats, des enlèvements, des tortures, des obstructions et destructions de routes, ou encore des dégradations de propriétés privées et publiques.

« Tout cela dans le but de nuire à l´ordre constitutionnel du pays, de provoquer une rupture de l´ordre démocratique et de forcer à un changement de-facto de gouvernement ; ce qui constitue une tentative de coup d´État qui nuit à la paix, la stabilité et la sécurité du peuple nicaraguayen », précise-t-il.

« Ces actions ont été neutralisées par le gouvernement du Nicaragua, lequel continue de fonctionner normalement », assure Moncada.

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