Agence de Presse de l'Amérique Latine

La loi Helms Burton, ou comment les États-Unis s'obstinent à vouloir détruire Cuba

La Havane, 1er  mars (Prensa Latina) Les États-Unis annonceront dans les prochains jours s'ils décident ou non d'appliquer l'Article III de la loi Helms Burton, une initiative qui rappelle les aspects les plus sombres de la Doctrine de Monroe et dont le but est de détruire la Révolution Cubaine.


Les divers occupants de Maison Blanche ont fait planer cette menace tous les six mois depuis 1996 mais, cette fois-ci, le président Donald Trump a opté pour une réduction de ce délai à 45 jours, ce que Cuba a qualifié de chantage et d'hostilité irresponsable.

Avec la possible activation de l'Article III de la Loi Helms Burton, les États-Unis font une fois de plus le pari que ce choix aura un effet domino qui parviendra à anéantir la Révolution cubaine, affirme aujourd'hui la chercheuse Olga Rosa González, sous-directrice du Centre d'Etudes Hémisphériques et des États-Unis (Cehseu).

Dans un entretien accordé à Prensa Latina, Olga Rosa González nous a confirmé que Washington, en effet, a l'intention de durcir son blocus contre Cuba en espérant atteindre enfin ce changement de régime qui obsède tellement presque toutes les administrations qui se dont succédées à la Maison Blanche.

Le Venezuela, nous a-t-elle précisé, joue un rôle important dans ce plan de la Maison Blanche qui, si la tentative de coup d'État de la semaine dernière avait réussi,  aurait pu apporter comme bonus la fin du système social de Cuba.

"Tout se passe comme si nous étions revenus aux années 90, quand la Maison Blanche adopta la politique de l'effet domino et que, pour ce faire, elle fit  voter la Loi Helms Burton, une législation pareille à nulle autre au monde en raison son caractère marqué par l'extra-territorialité  et sa préférence pour l'ingérence dans les affaires des nations étrangères", ajoute Olga Rosa González.

La Loi Helms Burton est en vigueur depuis le mois de mars 1996; elle traite du blocus sous son aspect international; elle accorde une aide financière aux pays qui se plient à l'embargo et retire ou n'accorde pas de crédits à ceux qui commercent ou encouragent le commerce avec Cuba, ce qui est un obstacle pour les nations désirant investir sur l'île.

"Cette Loi est apparue dans un contexte économique particulièrement difficile pour Cuba puisque, à la suite de la chute du camp socialiste dans les années 90, l'île perdit ses principaux partenaires économiques et se vit obligée de s'insérer dans un marché international où elle partait pratiquement de zéro", explique González.

Comme  on peut le voir, cette théorie de l'effet domino ne fut pas couronnée de succès pour la Maison Blanche puisque Cuba garde encore son système de gouvernement révolutionnaire et socialiste.

González se rappelle qu'en 1994, lors de la crise des "balseros" -ces cubains qui quittèrent leur pays sur des embarcations de fortune-, des accords bilatéraux furent signés entre Cuba et les États-Unis cette année-là et l'année suivante; c'était une période pleine de convulsions et pendant laquelle la contre-révolution se mobilisa fortement contre la plus grande des Antilles.

Tant et si bien qu'en 1996, l'espace aérien cubain fut violé à plusieurs reprises par  les avionnettes de "Hermanos al Rescate" ( "Sauvons nos Frères") - une organisation contre-révolutionnaire généreusement financée  par la Central Intelligence Agency (ou CIA, pour employer son acronyme en anglais).

Cette organisation, souligne-t-elle, entretenait d'étroites relations avec d'autres organisations d'extrême droite basées à Miami, en Floride, et  responsables d'actes terroristes menés à l'intérieur et à l'extérieur de Cuba.

González affirme que Cuba se plaignit à maintes occasions auprès du gouvernement des États-Unis, mais Washington fit  la sourde oreille, raison pour laquelle, le 24 février 1996, Cuba finit  par abattre deux de ces avionnettes.

"1996 était une année électorale importante pour les  États-Unis et pour William Clinton;  et la Floride, en tant qu'État doté de plusieurs grands électeurs, avait une énorme importance pour tous les candidats", nous a expliqué González.

Cet événement lamentable, qui aurait pu être évité par les États-Unis, fut une aubaine pour les sénateurs Jesse Helms et Dan Burton qui en profitèrent  pour présenter à William Clinton -le président de l'époque- cette loi que personne n'osait signer en raison de son caractère extraterritorial fortement  marqué.

Et maintenant, 23 ans plus tard, Donald Trump menace d'en activer l'Article III dans les semaines qui viennent. Si cela arrivait, il deviendrait  possible de déposer après des tribunaux états-uniens des demandes de compensation pour les  propriétés privées qui ont été nationalisées à Cuba en 1960.

Bien que ces nationalisations ont été, à l'époque,  effectuées en respectant les normes internationales, les États-Unis refusèrent alors de négocier avec les autorités de l'île comme le firent d'autres pays.

Étant donné le peu de temps qui nous sépare de cette éventuelle activation de l'Article III de la Loi Helms Burton, Cuba considère que cette dernière peut-être entièrement révoquée car elle interfère avec les affaires internes d'une nation souveraine.

En effet, souligne Cuba, il existe d'autres articles dans cette loi -comme l'Article II, par exemple, que les États-Unis appliquent en pariant de manière ouverte sur l'effondrement de la Révolution cubaine et l'instauration d'un régime au service de Washington, en violation flagrante avec le Droit International.

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