Agence de Presse de l'Amérique Latine

Les États-Unis tentent d'universaliser l´embargo

La Havane, 5 mars (Prensa Latina) Cuba a dénoncé la tentative d'universalisation de l´embargo économique, commercial et financier que les États-Unis veulent imposer en appliquant la loi Helms-Burton.


Le Ministère des Affaires Étrangères de l'île a employé les termes les plus énergiques pour condamner l'annonce du Département d'État selon laquelle il sera permis, à partir du 19 mars et en application avec l'Article III de la loi Helms-Burton, de présenter des requêtes judiciaires contre des entreprises cubaines auprès des tribunaux nord-américains.

Plus de 200 entités économiques, inclues dans une liste élaborée par Washington en novembre 2017 et mise à jour une année plus tard afin d'en augmenter le nombre, sont concernées par l'application de cette loi.

Le Ministère des Affaires Étrangères rappelle que cette liste est arbitraire et illégitime. Son but est de durcir l'embargo en lui donnant une portée extraterritoriale en interdisant aux citoyens nord-américains de réaliser des transactions financières avec les entités signalées dans cette liste.

Le Département d'État a aussi annoncé qu'il suspendrait pendant 30 jours la possibilité d'engager des actions judiciaires contre d'autres compagnies, cubaines ou étrangères, qui auraient des relations économiques ou financières avec Cuba.

Depuis son entrée en vigueur, la loi Helms-Burton tente d'universaliser le blocus économique en faisant pression de manière brutale et illégale contre les pays tiers, leurs gouvernements et leurs entreprises, rappelle le Ministère.

Depuis plus de 30 ans, ces prétentions de la loi Helms-Burton, illégitimes et contraires au Droit International, ainsi que le blocus imposé par les États-Unis, ont fait l'objet de condamnations réitérées de la part des plus importantes organisations régionales et internationales, souligne la Chancellerie.

La déclaration du Ministère des Affaires Étrangères cubain récuse, en particulier, l'Article II de la loi Helms-Burton selon lequel, une fois le gouvernement révolutionnaire disparu, il faudra indemniser ou rendre aux anciens propriétaires tous les biens qui seront réclamés par ceux-ci, ou par leurs descendants, qu'ils aient été de nationalité nord-américaine ou non au moment des nationalisations ou au moment où ils abandonnèrent le pays.

Pendant toutes ces années, bien entendu, le blocus économique était strictement appliqué.

Par conséquent, les cubains se verraient obligés de rendre, restituer ou payer aux personnes qui en auraient fait la demande auprès des tribunaux nord-américains, la maison dans laquelle ils vivent, le terrain sur lequel se sont construites leurs communautés, la terre sur laquelle ils cultivent et produisent, les écoles où leurs enfants sont éduqués, ou les hôpitaux dans lesquels ils reçoivent des soins médicaux.

Une telle idée n'est concevable que pour ceux qui considèrent  Cuba comme une possession coloniale, souligne le communiqué.

Selon cette loi Helms-Burton, il faudrait que toutes ces conditions soient satisfaites avant que l´embargo économique ne soit levé.

À travers son Ministère des Affaires Étrangères, Cuba affirme que cette loi repose sur deux mensonges fondamentaux: d'abord, l'idée que les nationalisations accomplies peu de temps après la victoire de la Révolution furent illégitimes et excessives; ensuite, l'idée que Cuba constitue une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.

Les nationalisations cubaines furent menées à bien dans le strict respect de la loi, de la Constitution et en accord avec le Droit International, explique le communiqué.

De même, le Ministère réitère que, pour toutes ces nationalisations, le Gouvernement cubain proposa des mesures de compensation justes et adéquates qui furent refusées par le Gouvernement des États-Unis.

Avec d'autres pays, Cuba parvint à des accords de compensation qui furent honorés. Ce sont des pays, comme l'Espagne, la Suisse, le Canada, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France qui aujourd'hui continuent à investir sur l'île.

Et de nos jours, après la ratification de la Constitution par une immense majorité de Cubains, le pays offre à ses partenaires économiques et aux entreprises étrangères  toutes les garanties requises pour qu'ils puissent participer à des opérations conjointes et à investir.

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