Agence de Presse de l'Amérique Latine

C'est la population elle-même qui réfute les mensonges sur la nouvelle Constitution

La Havane, 11 avril (Prensa Latina). La manière que les cubains ont eue de construire eux-mêmes la nouvelle Constitution de la République qui a été proclamée hier à La Havane s'inscrit en faux contre les attaques remettant en cause sa légitimité, a affirmé le premier secrétaire du Comité Central du Parti Communiste, Raúl Castro.


En prononçant son discours sur la proclamation de cette nouvelle Constitution au Palais des Congrès, le dirigeant du Parti a dénoncé les tentatives des ennemis de la Révolution pour mettre en question cette nouvelle "Carta Magna".

Ces accusations infâmes s'évanouissent d'elles-mêmes au regard de la vaste consultation préliminaire et du soutien massif avec lequel la population a accueilli le nouveau texte, a précisé Raúl Castro lors de la session solennelle de l'Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire (ANPP).

Raúl Castro a rappelé le long processus qui a doté l'île  d´une nouvelle Loi des lois qu'il a qualifiée de "fille de son temps", puis il a donné son opinion sur les circonstances historiques qui sous-tendent l'évolution et la construction de la société cubaine.

Avant d'être approuvée par l'Assemblée le 22 décembre dernier et ratifiée définitivement par le référendum du 24 février par une majorité de presque sept millions de cubains, l'élaboration du nouveau texte est passée par une phase de consultation populaire qui a duré du 13 août au 15 novembre derniers.

Environ 9 millions de cubains ont donné leur avis, soit dans des réunions de quartier, soit dans leur lieu de travail ou d'études, ainsi que dans de nombreux débats qui se sont tenus à l'extérieur. Des milliers de propositions de modification en sont sorties, pour ajouter ou éliminer certains éléments,  et la moitié de celles-ci ont été incorporées au texte définitif rédigé par la commission parlementaire chargée de le faire.

De l'avis du premier secrétaire du Comité Central du Parti Communiste, la Constitution qui  vient d'être proclamée  - et entrera en vigueur dès sa publication, aujourd'hui, dans la Gazette Officielle de la  République -  répond au projet suprême qui est de parvenir à un socialisme toujours plus prospère, plus durable, plus inclusif et plus participatif.

Il a également tenu à souligner devant l'Assemblée que cette nouvelle Constitution reflète les aspirations de ceux qui, tout au long de ces 150 dernières années, ont lutté pour obtenir un pays libre, souverain, indépendant et soucieux de justice sociale.

Raùl Castro s'est aussi attaché à expliquer les attitudes nécessaires à adopter face aux problèmes qui, en ce moment, sont une source d'inquiétude au niveau régional et mondial, et, en particulier, l'escalade de l'agressivité de l'administration actuelle de la Maison Blanche.

Il a mis en garde contre les prétentions hégémoniques des États-Unis sur l'Amérique  Latine et les Caraïbes où ils veulent imposer leur doctrine de domination dite "de Monroe".

À ce sujet, il a insisté sur l'obstination de Washington à vouloir renverser les révolutions de Cuba et du Venezuela en essayant de les asphyxier économiquement.

Il a réitéré le soutien de Cuba envers la Révolution Bolivarienne, envers le président Nicolás Maduro et l'union civico-militaire du peuple vénézuélien qui font face quotidiennement à l'hostilité des États-Unis.

"Depuis ce Parlement réuni, nous ratifions notre ferme soutien et notre appui envers le Venezuela", a-t-il déclaré.

Concernant Cuba, il a assuré que la plus grande île des Antilles restera loyale à sa vocation de paix et d'entente, mais qu'elle ne craint en rien les menaces impérialistes qui se traduisent par le resserrement du blocus économique, commercial et financier que les États-Unis lui imposent depuis presque 60 ans.

Cette vocation s'accompagne d'une détermination  indéfectible à défendre le droit souverain des cubains à décider eux-mêmes de l'avenir de leur nation sans tenir compte des ingérences de l'étranger.

Selon le chef du Parti, l'île doit se préparer à relever le défi imposé par une détérioration de la situation économique due aux mesures prises par les États-Unis pour tenter de l'asphyxier comme l'implique la Loi Helms-Burton qui, vue de Cuba, est une invention juridique dont  le but est d'appeler ouvertement à un changement de régime dans un pays  étranger, ce qui ne relève nullement de la compétence de Washington.

Cependant, a-t-il expliqué, cela ne signifie pas un retour à la période dite "spéciale" des années 90 du siècle dernier à la suite de l'effondrement du camp socialiste en Europe de l'Est, car l'économie cubaine est aujourd'hui beaucoup plus diversifiée et présente un  panorama très différent.

Raúl Castro a invité les cubains à accélérer les efforts dans le domaine de la production nationale, en particulier dans celui de l'alimentation, ainsi qu'à revoir les dépenses afin de privilégier l'essentiel et a améliorer le rendement des combustibles.

Lors de cette session parlementaire un compte-rendu précis des résultats des élections du 24 février a été présenté par le Président de l'Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, Esteban Lazo, et par la présidente de la Commission Électorale Nationale, Alina Balseiro.

Lazo a affirmé que la IXème Législature de l'Assemblée aura eu l'honneur d'avoir à organiser le processus ayant rendu possible la construction collective de la nouvelle Constitution, un processus qui a démontré, à l'évidence, l'engagement  immensément majoritaire du peuple envers sa Révolution.

Il insiste sur le fait que la première raison pour justifier cette décision du peuple cubain à se doter d'une nouvelle Constitution était de se donner un nouveau texte inspiré de l'héroïsme et du patriotisme des hommes et des femmes qui ont lutté pour vivre dans un pays libre, indépendant, souverain et démocratique afin de parvenir à un maximum de justice sociale et de solidarité humaine.

La proclamation de la nouvelle Constitution a eu lieu exactement 150 ans après que soit approuvée à Guáimaro, dans la province de Camaguey, la première Constitution de la République en Armes, en plein milieu des combats opposant le peuple cubain au colonialisme espagnol.

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