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Paralysie possible du Congrès de Colombie pour défendre la Juridiction Spéciale pour la Paix

Bogotá, 11 avril (Prensa Latina) Des membres du Congrès colombiens appartenant à divers partis ont aujourd'hui averti que le pouvoir législatif pourrait se trouver paralysé en réponse aux manœuvres dilatoires de la présidence du Sénat au sujet de la Juridiction Spéciale pour la Paix (JEP).


Des membres du Congrès des partis "Cambio Radical", "Partido Liberal", "Unidad Nacional" et de l'opposition ont quitté l'hémicycle après que le conseil du Sénat ait refusé d'inclure à l'ordre du jour le débat et le vote sur l'objection présidentielle à la loi statutaire de la JEP.

Après leur sortie, le quorum s'est avéré insuffisant pour que  l'Assemblée plénière convoquée par Ernesto Macías, le président du Sénat (et, aussi, représentant du parti au pouvoir: le Centre Démocratique) puisse se prononcer sur les autres points présents à l'ordre du jour qui n'avaient rien à voir avec la JEP.

Le sénateur Roy Barreras, du parti Unité Nationale, a dénoncé les tactiques dilatoires de Macías concernant un sujet aussi important, puis il a déclaré que "rien ne sera voté par ce Congrès jusqu'à ce qu'il accomplisse son devoir qui est d'annoncer les objections présidentielles à la JEP; qu'il les annonce et que le Congrès se prononce sur ce sujet".

Pour sa part, le membre du Congrès du "Polo Democratico" ("Pôle Démocratique), Iván Cepeda, a tenu à rappeler que la JEP a été inscrite sur la liste des sujets à discuter en priorité et qu'il n'est donc pas possible de remettre à plus tard le vote sur l'objection du Gouvernement National à sa propre loi statutaire.

"Cette loi a été votée pour mettre en place un régime spécial afin de parvenir à la paix. Elle doit donc occuper une place prioritaire à l'ordre du jour",  a fait remarquer Cepeda.

Carlos Abraham Jiménez, le sénateur de "Cambio Nacional",  partage ce point de vue. Pour lui, ajoute-t-il, " le règlement indique bien que les objections doivent être prioritaires et passer avant n'importe quel autre projet de loi et, une fois que ces objections sont annoncées, il faut obligatoirement procéder à un vote dès la session suivante".

Lundi dernier le vote de la Chambre des Représentants a été on ne peut plus clair: l'objection présentée par le président Iván Duquz à la loi statutaire instaurant la JEP a été rejetée par 144 voix contre 45, ce qui constitue une victoire indéniable pour les défenseurs des Accords de Paix.

Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, et différentes instances des Nations Unies et de la communauté internationale ont demandé au Gouvernement colombien de promulguer avec célérité la loi statutaire de la JEP en raison de son importance capitale pour obtenir la réconciliation dans le pays en se fondant, non sur la répétition du passé, mais sur la vérité, la justice et la réparation.

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