Agence de Presse de l'Amérique Latine

Rafael Correa qualifie de criminelle la remise d´Assange aux autorités britanniques de la part de l´Équateur

Bruxelles, 11 avril (Prensa Latina) L´ancien président de l´Équateur Rafael Correa a qualifié de criminelle la remise du fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, à la police du Royaume-Uni de la part de l´Équateur.


Selon ce qu´il a signalé sur le réseau social Twitter, « ce que le mandataire équatorien, Lenin Moreno, a fait est un crime que l´humanité n´oubliera pas ».

« Le plus grand traitre de l´histoire équatorienne et latino-américaine, Lenin Moreno, a permis que la police britannique entre dans notre ambassade à Londres pour arrêter Assange », a dénoncé Correa.

Il a estimé que cette action met en risque la vie du cyber-activiste et humilie l´Équateur, dont le président a mis fin à son asile qui a duré sept ans.

Correa, résident en Belgique, a déclaré à la chaîne de télévision RT que l´État équatorien avait l´obligation, selon le droit international, et l´orgueil national, de protéger cette personne ayant obtenu l´asile politique, puis a considéré comme un fait sans précédent que la police britannique entre dans la légation pour arrêter Assange.

Il a de plus rappelé que depuis l´année dernière, le journaliste australien est citoyen équatorien, raison pour laquelle cette détention rompt non seulement les règles d´asile et le droit international, mais également la Constitution équatorienne.

« Il s´agit réellement d´un fait sans précédent, qui ne cesse d´indigner, d´attrister ; c´est un jour de deuil pour l´humanité », a-t-il exprimé.

Il a cependant reconnu que cette action était plus que probable puisque Moreno « avait déjà négocié la tête d´Assange avec les États-Unis ».

« L´affaire s´est aggravée car WikiLeaks, avec qui Assange n´avait plus de contact, a révélé de graves cas de corruption de Moreno », a-t-il détaillé en assurant que l´actuel président pourrait aller en prison mais qu´ « avant d´être emprisonné il veut mourir en tuant ».

Quant au moment choisi pour la détention, Correa a estimé qu´ « ils étaient en train d´attendre qu´Assange craque psychologiquement ou physiquement, car ils le maintenaient sans communication grâce à un protocole qui n´a rien avoir avec le droit international ».

L´ancien mandataire a également affirmé qu´ « ils le tenaient confiné dans un isolement brutal, avec des règles extrêmement difficiles, pour qu´il sorte de sa propre volonté ; ils espéraient y compris qu´il tombe malade pour le sortir d´urgence et ainsi être capturé. Mais ils n´ont pas réussi ».

Puis il a considéré que Moreno, désespéré, « puisqu´il est en train de tomber », a ordonné sa détention en vengeance.

Quant au futur de l´affaire, il a exprimé ne pas vouloir s´avancer, mais que le plus probable est que le Royaume-Uni extrade Assange aux États-Unis.

S´il est extradé vers les États-Unis, le fondateur de WikiLeaks pourrait être jugé pour avoir diffusé des informations confidentielles concernant la sécurité nationale nord-américaine, et donc encourir la peine capitale.

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