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Baltazar Garzón dénonce la persécution politique dont est victime Julian Assange

Madrid, 12 avril (Prensa Latina) Le célèbre juriste espagnol Baltazar Garzón a condamné hier la persécution politique des États-Unis contre Julian Assange puis s'est élevé contre la décision de l'Équateur de lui retirer l'asile politique, ce qui a permis son arrestation.


Fondateur de WikiLeaks, Julian Assange a été arrêté ce jeudi par la police  britannique à l'ambassade équatorienne de Londres après que l'Équateur lui ait retiré la nationalité équatorienne qui lui avait été officiellement accordée alors qu'il y était réfugié depuis 2102.

Dans les déclarations qu'il a faites à la presse lors d'une conférence tenue à Madrid, Baltazar Garzón -qui, depuis sept ans, est le coordinateur de la défense d'Assange- a affirmé que les menaces contre son client "pour des raisons politiques et la persécution dont il est victime de la part des États-Unis sont plus présentes que jamais".

"Il s'agit d'un cas de persécution politique avéré qui a débuté exactement après la publication massive par WikiLeaks, en 2010, de messages classés et d'informations extrêmement graves portant sur des violations des droits de l'Homme, des affaires de corruption et de graves crimes de guerre pendant la guerre d'Iraq", a-t-il rappelé.

Il a également affirmé que le président équatorien Lenín Moreno, en retirant l'asile politique à Assange, a enfreint toutes les normes de la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme (CIDH).

Raison pour laquelle son équipe juridique a porté plainte et présentera le plus rapidement possible une demande de mesures conservatoires, a annoncé l'ancien magistrat de l'Audience Nationale espagnole (la Cour Nationale d'Espagne).

Selon l'avocat, les règles de la CIDH sont parfaitement claires: "la vision  que le président Moreno se fait de l'asile est arbitraire et n'a aucune consistance; il n'est pas non plus exact de dire que Julian Assange n'a pas respecté les règles de cohabitation de l'ambassade".

Dire qu'il ne s'est pas tenu au protocole de cohabitation "est une affirmation arbitraire et fausse", a-t-il insisté.

"De toutes manières, il n'est prévu par aucune norme internationale que le non-respect de ce protocole puisse être une raison suffisante pour expulser et mettre fin à une offre d'asile. L'Équateur est un pays souverain: nul doute; mais cela ne signifie pas qu'il puisse agir arbitrairement", a-t-il précisé.

"Les preuves dont parle l'Équateur ne correspondent pas à la vérité des faits et nous allons le démontrer. On ne peut pas mentir ainsi aux citoyens", a déclaré le juriste au sujet de liens supposés  avec  des hackers russes ou au sujet du comportement violent de Julian Assange au cours de son séjour à l'intérieur de l'ambassade de Quito à Londres.

Selon la version offerte par le Gouvernement équatorien, un proche d'Assange est impliqué avec des pirates informatiques russes dans une tentative de déstabilisation contre le président Moreno.

Baltazar Garzón a catégoriquement démenti  cette hypothèse: "La Russie n'a rien à voir avec Assange", a tranché le chef de l'équipe d'avocats défendant Assange.

peo/acl/edu