Agence de Presse de l'Amérique Latine

Un rapporteur de l´ONU dénonce l´impact des mesures des États-Unis contre Cuba

Nations Unies, 14 mai (Prensa Latina) L´activation des articles III et IV de la Loi Helms-Burton nuit aux perspectives économiques de Cuba et affecte gravement la population de l´île, a assuré hier un expert de l´ONU.


Le rapporteur spécial du Conseil des Droits de l´Homme des Nations Unies sur l´impact des mesures coercitives unilatérales, Idriss Jazairy, a offert des déclarations à Prensa Latina concernant la décision des États-Unis de mettre fin aux exemptions des articles III et IV de cette loi.

"Cette décision de Washington ouvre la possibilité de litiges depuis le territoire nord-américain contre des entreprises qui font des affaires à Cuba, par exemple celles de l´Union Européenne", a-t-il signalé par courrier électronique.

Selon Jazairy, on peut s´attendre à ce que cette mesure est un impact négatif important sur le commerce et les flux d´investissement depuis et vers Cuba, et conduise donc à saper de manière durable toute la perspective économique du pays.

"Cela est en même temps un détournement très significatif du "modus vivendi" appliqué jusqu´à maintenant entre l´Union Européenne (UE) et la partie nord-américaine, lequel se base sur un accord bilatéral obtenu à Londres en 1998", a-t-il expliqué.

L´expert indépendant a rappelé que par ce pacte « une exemption a été accordée aux entreprises de l´UE, et les États-Unis se sont engagés à limiter de futures lois extraterritoriales de ce type ».

"L´UE a déjà déclaré qu´elle ne peut "accepter que les mesures imposées unilatéralement entravent nos relations économiques et commerciales avec Cuba"; il reste à voir si ces pays chercheront effectivement à protéger leurs compagnies actives sur l´île des sanctions des États-Unis", a-t-il observé.

Le rapporteur de l´ONU a également souligné les dommages qu´occasionne l´embargo des États-Unis sur la population cubaine et le développement en général de l´île.

"Les impacts sur les droits de l´Homme, y compris le droit au développement, de cette politique de coercition économique intégrale continuent d´être documentés; ce qui provoque une préoccupation particulière quant à ses effets sur le droit à la santé, comme il en ressort des rapports de l´Organisation Mondiale de la Santé", a-t-il signalé.

"Cette politique de blocus provoque également une grave négation des droits de l´Homme de personnes innocentes, comme cela est mis en évidence par l´annonce du Gouvernement cubain le 11 mai dernier, dans laquelle il est exposé qu´en raison de l´embargo certains aliments et produits d´hygiène de base ont commencé à être rationnés", a-t-il ajouté.

Jazairy s´est alors demandé "jusqu´à quand cela va durer?", et si la communauté internationale permettra que le peuple cubain soit victime de tels préjudices en raison des sanctions des États-Unis.

Le 17 avril dernier, Washington a annoncé que dans le cadre de l´embargo maintenu contre Cuba depuis 57 ans, de nouvelles mesures seraient adoptées par l´activation des Articles III et IV de la Loi Helms-Burton à compter du 2 mai.

"Depuis son entrée en vigueur en 1996, la Loi Helms-Burton cherche à universaliser l´embargo sur l´île par des pressions contre des pays tiers, leurs gouvernements et leurs entreprises", a signalé l´ambassadrice cubaine à l´ONU, Ana Silvia Rodriguez, lors d´une rencontre du Mouvement des Pays Non Alignés.

Le secrétaire général de l´ONU, Antonio Guterres, a également exprimé par la voix de son porte-parole qu´il suit de près l´activation des articles III et IV de cette loi et ce que cela entraine.

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