Agence de Presse de l'Amérique Latine

Des militants parviennent à rester à l'intérieur de l'Ambassade du Venezuela aux États-Unis

Washington, 14 mai (Prensa Latina) Des militants nord-américains opposés à la remise de l'ambassade du Venezuela aux partisans du député Juan Guaidó sont toujours à l'intérieur du bâtiment après avoir reçu un ordre d'expulsion dont ils réfutent la légalité.


Faisant preuve d'un incroyable courage, quatre d'entre eux ont réussi à rester à l'intérieur de l'Ambassade du Venezuela. "Ce sont de véritables héros", a publié sur son compte Twitter Medea Benjamin, co-fondatrice de Code Pink et l'une des organisatrices de l'opération de défense qui a débuté il y a un peu plus d'un mois.

Les participants à cette action se trouvant encore à l'intérieur font partie du Collectif de Protection Civile de l'Ambassade. Ils considèrent leur présence tout-à-fait légitime puisqu'ils ont été invités à y rester par le Gouvernement constitutionnel de Nicolás Maduro, Gouvernement non-reconnu par Washington qui essaie de le renverser.

Ces militants s'opposent à la remise du bâtiment à Carlos Vecchio, nommé représentant du Venezuela aux États-Unis par Juan Guaidó, président auto-proclamé par intérim et responsable d'un coup d'État manqué dont le seul titre légitime est celui de député de l'opposition au sein d'une Assemblée Nationale non-reconnue par le Tribunal Suprême de Justice pour non-respect à la Constitution.

Mara Verheyden-Hilliard, l'avocate de ce Collectif, a déclaré hier soir que les forces de l'ordre ont détruit une serrure à l'aide d'une pince coupe-boulons, ont pénétré dans l'ambassade par la porte principale, ont remis l'ordre d'expulsion mais ont décidé de ne procéder à aucune arrestation des personnes se trouvant sur les lieux.

Les manifestants se trouvant à l' intérieur du bâtiment, et ceux qui les soutiennent à l'extérieur, considèrent que le document remis par les autorités nord-américaines constitue une violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

La Coalition Answer, une autre des organisations ayant pris part à l'initiative de défense, a fait savoir que les militants se trouvant encore à l'intérieur de l'ambassade ont répété à maintes reprises aux services de renseignement qu'ils ne quitteront pas les lieux si cela signifie que les États-Unis sont en train de violer la-dite Convention internationale.

Dans un communiqué publié ce lundi 13 mai, ces militants déclarent qu'ils sont sur place depuis 34 jours et qu'ils sont préparés à rester le temps qu'il faudra pour que le problème trouve une solution pacifique et conforme au droit international.

Ils se disent disposés à accepter l'intermédiaire d'une troisième puissance impartiale qui permettrait de sauvegarder les intérêts des parties concernées par ce conflit.

Dans le cas contraire, affirment-ils, leur expulsion de l'ambassade ne pourrait se faire que de manière forcée, après des arrestations, et en violation de la Convention de Vienne par l'administration de Donald Trump.

Tout ordre d'expulsion à la demande des instigateurs du coup d'État, c'est-à-dire de personnes n'ayant aucune autorité gouvernementale, sera considéré comme illégal, nul et non-avenu.

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