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Un journaliste du New York Times a dû quitter la Colombie pour raison de sécurité

Bogotá, 20 mai (Prensa Latina) Le journaliste du quotidien nord-américain The New York Times qui a dénoncé le retour en Colombie à la pratique des fausses statistiques a dû quitter le pays pour raison de sécurité.


Nicholas Casey, responsable du New York Times pour la région andine, a fait savoir par le biais de son compte Twitter qu'il a été obligé de fuir la Colombie en raison des menaces qu'il avait reçues de la part du Centre Démocratique, le parti au pouvoir.

Avant-hier, ce quotidien influent avait publié une enquête de Casey intitulée "Les ordres de mort donnés à l'Armée Colombienne mettent les civils en danger" dans laquelle le journaliste faisait état du retour en Colombie de la pratique des fausses statistiques, c'est-à-dire que les morts de civils étaient comptabilisées comme étant celles de guérilleros tombés au combat.

Selon Casey, la haute autorité de l'Armée aurait donné des ordres pour que les troupes multiplient par dix les opérations sur le terrain et les résultats, quels qu'en soient les moyens.

Dans cet article du New York Times, le journaliste assure avoir obtenu des ordres écrits et des témoignages de militaires colombiens d'après lesquels de hauts fonctionnaires de l'Armée auraient ordonné à leur troupes d'employer tous les moyens nécessaires pour "faire du chiffre" et améliorer les résultats.

L'article mentionne une réunion qui se serait tenue en début d'année et à laquelle auraient assisté 50 généraux et colonels du pays à qui on aurait remis un questionnaire à ce sujet.

Dans ce questionnaire, on demandait à ces hauts gradés de relever d'abord en une seule colonne "la somme arithmétique des personnes qui s'étaient rendues volontairement, des capturés et des morts au cours des opérations militaires" menées par les divers corps d'armée engagés contre la guérilla l'année précédente, puis d' "établir des objectifs à remplir pour l'année suivante".

Suite à ces consignes, "on commença", selon le New York Times, "à comptabiliser les assassinats douteux et les arrestations".

Pour rappel, pendant les dix dernières années, plus de cinq mille civils ont été assassinés et comptabilisés comme étant des insurgés tués lors d'affrontement avec l'Armée colombienne.

Peo/jf/tpa