Agence de Presse de l'Amérique Latine

À l’ONU, Cuba condamne la manipulation des actions de protection de civils

Nations Unies, 24 mai (Prensa Latina) Ana Silva Rodríguez, représentante de Cuba auprès de l’ONU de manière alternée, a condamné hier l’instrumentalisation de l’aide humanitaire dans le but de  promouvoir les intérêts géopolitiques de certains États.


La protection des civils est également utilisée pour passer outre et violer les principes mêmes de la Charte de l’ONU et s’immiscer dans les affaires internes des pays, a-t-elle dénoncé devant le Conseil de Sécurité au cours d’un débat ouvert à ce sujet.

« La protection des civils ne peut pas servir de prétexte pour légitimer des interventions militaires dans le but d’imposer des changements de régime et renverser l’ordre politique, économique et social légitimement établi dans un pays ».

L’ambassadrice cubaine s’est ainsi opposée à la manipulation à des fins politiques de l’assistance humanitaire et à l’application et au renforcement de mesures économiques coercitives unilatérales qui causent de graves privations et mettent en danger la vie des habitants d’un pays.

Tout comme l’indique le rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, il est possible de trouver des moyens plus efficaces pour protéger la population civile des pays concernés, a ajouté Silva Rodríguez.

Et elle a donné pour exemples: l’interdiction de fournir des armes à des groupes ne dépendant pas d’un État et non-autorisés, l’emploi de drones militaires d’attaque, la réduction des dépenses militaires et du développement exponentiel d’armement conventionnel sophistiqué, parmi tant d’autres.

Rodríguez a souligné la nécessité d’en finir avec ce mécanisme de guerre et d’employer les fonds ainsi libérés au développement économique et social.

« Les civils formeront toujours la grande majorité des victimes lorsqu’il y a un conflit », a regretté la diplomate cubaine. « Ce sont eux qui souffrent des attaques indiscriminées et de toutes sortes d’abus et de violations ».

« Nous devons agir avec détermination pour empêcher ces conflits. Il faut à tout prix éviter qu’ils surgissent et prennent de l’ampleur. C’est là le moyen le plus sûr et le moins cher pour protéger les civils », a-t-elle insisté.

Il est essentiel de s’attaquer aux racines de ces conflits; et, pour ce faire, soutenir, en particulier, l’application de l’Agenda 2030 pour un Développement Durable.

Le Conseil de Sécurité doit accomplir son devoir qui est de maintenir la paix et la sécurité internationales. Il doit s’abstenir de tout soutien à des aventures militaires, et ne doit recourir ni à la menace, ni à l’utilisation de la force pour les résoudre, a-t-elle déclaré avec fermeté.

Il incombe à chaque État de faire son maximum pour prévenir ces conflits et protéger les civils quand ils éclatent. La communauté internationale, l’ONU et les organisations régionales peuvent prêter une assistance constructive mais sont dans l’incapacité de remplacer les États affectés, a-t-elle conclu.

Peo/la/ignore