Agence de Presse de l'Amérique Latine

Deux scientifiques chinoises quittent un Institut nord-américain pour protester contre l'interdiction frappant Huawei

Beijing, 30 mai (Prensa Latina) Deux scientifiques chinoises ont renoncé à leur poste de haut responsable à l'Institut des Ingénieurs en Électricité et en Électronique (IEEE, en anglais) après que le Gouvernement des États-Unis ait interdit aux spécialistes de Huawei de participer à tout travail dans cet Institut.


Zhang Haixia et Liu Yiqun  -professeurs, respectivement, à l'Université de Pékin et à l'Université de Tsinghua- ont non seulement renoncé à leur poste, mais elles ont également critiqué l'IEEE qui, par son attitude, permettait d'élever des barrières contre Huawei, cible de restrictions croissantes de la part de la Maison Blanche.

Selon Zhang, la position prise par l'Institut va même au-delà des consignes que Washington a demandé d'appliquer dans le domaine de la Science et de la Technologie.

L'IEE -institution internationalement  reconnue dont le siège se trouve à New York- a fait paraître, hier, un communiqué indiquant qu'aucun éditeur ou correcteur de Huawei ne serait dorénavant accepté pour réviser ses publications tant que la compagnie chinoise serait sur la liste noire du Département d'État nord-américain pour le Commerce.

Cet institut est le plus important dans son genre. Il compte plus de 423 mille membres répartis dans 160 pays et jouit d'un grand prestige dans le monde technologique.

Sa décision de renoncer à tout lien avec Huawei s'inscrit dans le contexte d'une intensification de la campagne menée par Washington qui pousse les compagnies nord-américaines et celles des pays étrangers à cesser toute collaboration avec la compagnie chinoise.

Cette croisade contre Huawei semble avoir atteint son apogée ces derniers jours lorsque le Département du Commerce à placé Huawei et toutes ses filiales dans une situation qui les oblige à solliciter l'autorisation de Washington chaque fois qu'elles voudront faire l'achat de technologie nord-américaine.

La mesure fait suite à une déclaration du président Donald Trump pour qui les États-Unis, confrontés à un problème d'urgence nationale, se doivent d'interdire à toutes les compagnies nord-américaines l'utilisation d'équipement technologique fabriqué à l'étranger et qui présenterait un risque pour la sécurité.

Ces pressions exercées par la Maison Blanche ne laissent pas le choix aux compagnies nord-américaines qui, comme Google, Broadcom, Intel, Qualcom, Western Digital, Lumentum et Xilinx ont annoncé l'arrêt immédiat de toute affaire avec leur client asiatique.

À quoi il faut ajouter, selon les informations données par la presse, que les organisations chargées d'établir les normes de l'industrie technologique -telles que Wi-Fi Alliance, SD Association et Jedec- ont posé des restrictions à la participation de Huawei lors de leurs rencontres ou tout autre activité portant sur ce thème.

En ce qui concerne la partie commerciale, cette attitude n´a actuellement pas de graves conséquences. Elle empêche toutefois la compagnie chinoise d'être au courant et de donner son point de vue sur la définition des règles régissant le secteur.

En attendant, Huawei essaie de trouver des solutions alternatives permettant à la compagnie de compenser les pertes prévues à court terme, de trouver des solutions de remplacement pour ses importations et de poursuivre ses travaux de recherche.

Sur le plan judiciaire, Huawei a donc déposé une plainte pour obstruction contre le gouvernement des États-Unis qui freine ses projets sans présenter la moindre preuve concernant la menace que la compagnie pourrait représenter pour la sécurité nationale.

L'affaire passera devant les tribunaux le 19 septembre prochain.

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