Agence de Presse de l'Amérique Latine

Cuba proteste contre la fermeture des services d'immigration du Canada à La Havane

Ottawa, 6 juin (Prensa Latina) Josefina Vidal, l'ambassadrice de Cuba à Ottawa, a fait savoir que La Havane a adressé une protestation officielle aux autorités canadiennes après que le Canada ait fermé ses services d'immigration sur l'île.


Dans un entretien accordé à Radio Canada, la diplomate a déclaré que son Gouvernement ne comprenait ni la raison de cette fermeture, ni la réduction substantielle du personnel de l'ambassade canadienne à La Havane.

Les maux mystérieux  - attribués à l'origine à des "attaques acoustiques"- dont ont souffert depuis 2017 plusieurs diplomates canadiens stationnés à Cuba sont la raison invoquée pour ces mesures.

"Ce que nous ne comprenons pas, c'est qu'une décision ayant des conséquences d'une telle ampleur ait été prise alors qu'il n'existe aucune évidence sur la cause des maladies dont ont été victimes les diplomates canadiens. Rien ne prouve que Cuba ne soit pas un pays sûr", a insisté l'ambassadrice.

Cette mesure, a expliqué Josefina Vidal, force les cubains à effectuer un voyage supplémentaire extrêmement coûteux car ils doivent d'abord se rendre à l'ambassade canadienne du pays le plus proche, c'est-à-dire le Mexique, pour obtenir le visa désiré. Des centaines de personnes sont concernées, dont des familles canadiennes dont l'un des membres est de nationalité cubaine.

Finalement, a-t-elle ajouté, le Canada reproduit ce qu'ont fait les États-Unis qui, depuis l'arrivée de Donald Trump, obligent les cubains désirant un visa à se rendre dans une ambassade nord-américaine dans un pays tiers, comme la Colombie, par exemple.

En outre, la réduction du personnel de l'ambassade a d'autres conséquences graves, a poursuivi la diplomate.

"Par exemple, nous n'avons plus aucun attaché commercial canadien à Cuba et le commerce est très important pour la relation entre nos deux pays. Et nous n'avons plus de responsable a l'aide au développement. [...] Au total, c'est une délégation à minima".

"Tout ceci ne manquera pas d'affecter la relation entre nos deux pays qui, jusqu'à maintenant, a été excellente. Le commerce bilatéral, l'aide au développement et les investissements étaient en pleine croissance en 2018", a-t-elle précisé.

Dans une autre partie de son entretien, l'ambassadrice a abordé le sujet des relations avec les États-Unis. "Toutes les avancées obtenues avec les gouvernements précédents sont en train d'être réduites à néant avec l'administration Trump", a-t-elle regretté.

"Nous avons constaté avec frustration, que nous sommes passés à une politique de régression progressive entre les États-Unis et Cuba et, maintenant, nous en sommes revenus à une situation de confrontation. Et c'est dommage, parce que cela ne mène à rien et nous allons perdre du temps pour seulement essayer de maintenir en place la solution à des problèmes déjà résolus dans l'intérêt de la population cubaine et nord-américaine", a conclu l'ambassadrice.

peo/mgt/lb