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« L´absence de médecins cubains affecte des millions de brésiliens », selon le New-York Times

Washington, 11 juin (Prensa Latina) Le Brésil ne remplace toujours pas les médecins cubains qui appartenaient au programme Más Medicos (Plus de Médecins), ce qui affecte plus de 28 millions de personnes dans le pays sud-américain selon le quotidien étasunien The New-York Times.


La publication rappelle que le président brésilien Jair Bolsonaro avait manifesté qu´il pouvait solutionner l´absence des professionnels de l´île par la remise de diplôme à près de 20 mille docteurs brésiliens dans le courant de l´année, mais six mois après son arrivée au pouvoir en janvier dernier rien n´a été concrétisé.

Le 14 novembre 2018, le pays caribéen a annoncé qu´il renoncé à sa participation au programme mentionné en raison des nouvelles conditions exposées par Bolsonaro, alors nouveau mandataire fraichement élu, qui avait déclaré qu´il modifierait les termes et les conditions de cette initiative, et ce en opposition avec les accords passés avec Cuba et l´Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS).

Le Gouvernement brésilien du président d´extrême-droite a ainsi rendu publique, en février dernier, sa décision de clore le programme Mas Medicos, un projet mis en place par le Parti des Travailleurs en 2013 pour offrir une couverture médicale dans les zones les plus retirées du Brésil, et auquel près de 20 mille professionnels de la santé de la nation antillaise ont participé.

Le New-York Times cite aujourd´hui des données de la Confédération Nationale des Communes, lesquelles indiquent que 28 millions de personnes dans tout le Brésil ont vu leur accès aux soins de santé considérablement réduits depuis ces décisions.

Le Brésil lutte actuellement pour remplacer les médecins cubains qui ne sont plus présents : trois mille 847 postes médicaux du secteur public dans près de trois mille communes étaient toujours à pourvoir en avril, souligne le quotidien étasunien selon les chiffres disponibles les plus récents.

Ligia Bahia, professeure de l´Université Fédérale de Rio de Janeiro, a déclaré à ce média que dans certains états les cliniques de santé et leurs patients se retrouvent sans médecins. « C´est un pas en arrière. Cela empêche les diagnostiques avancés, le suivi des enfants, des grossesses et l´accompagnement des traitements qui étaient déjà en marche », a-t-elle ajouté.

Près de la moitié des docteurs du programme Mas Medicos étaient cubains, et se déployaient sur 34 zones indigènes éloignées ainsi que dans les quartiers les plus pauvres de plus de quatre mille villes et villages, des lieux d´affectation et d´installation particulièrement refusés par les professionnels de santé brésiliens, souligne le quotidien étasunien.

« La disponibilité des médecins cubains à travailler dans des conditions difficiles s´était transformé en une pierre angulaire du système de santé publique », a manifesté Bahia au New-York Times.

Selon un rapport de l´OPS, lors des quatre premières années de Mas Medicos, le pourcentage de brésiliens recevant les soins de base est passé de 59,6 à 70 pour cent.

Le départ des médecins cubains pourrait inverser cette tendance, avec des conséquences particulièrement graves pour les mineurs de moins de cinq ans, mais également provoquer la mort de près de 37 mille jeunes enfants d´ici à 2030, a prévenu Gabriel Vivas, un fonctionnaire de l´OPS cité par le quotidien nord-américain.

Peo/mgt/mar