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Prise de possession de Jesus Santrich au Congrès colombien

Bogotá, 11 juin (Prensa Latina) L´ex-commandant guérilléro Jesus Santrich a aujourd´hui pris possession de son mandat à la Chambre des Représentants de Colombie pour le parti de la Force Alternative Révolutionnaire du Commun (FARC).


Hier soir, l´ancien négociateur de l´Accord de Paix à La Havane a envoyé un message de remerciement à la campagne « Santrich Libre » et particulièrement à son compagnon militant Benedicto Gonzalez, qui a occupé son siège dans l´enceinte législative pendant qu´il ne pouvait le faire puisqu´il était emprisonné.

« Benedicto a dignement représenté le département de l´Atlantique au sein de la Chambre de Colombie, ainsi que notre parti ; il a travaillé en défense de la paix et des intérêts des gens du commun », a exprimé Santrich au travers des réseaux sociaux.

La Commission d´Accréditation de la Chambre des Représentants de Colombie a avalé hier la prise de possession du dirigeant de la FARC au Congrès.

Trois des cinq congressistes qui forment ce corps collégial ont accepté les documents de l´ancien combattant et ont déterminé qu´il pouvait occuper son siège à la Chambre Basse en qualité de représentant de la FARC.

Les parlementaires Jorge Gomez, du Pôle Démocratique ; Eloit Chichi Quintero, de Changement Radical ; et Elbert Diaz, de l´Unité Sociale Nationale, ont considéré que la documentation de Santrich était en règle et ont voté en faveur de son accréditation comme congressiste.

Puis deux congressistes des bans des partis Conservateur et du Centre démocratique au pouvoir s´y sont opposés, invoquant l´ « objection de conscience ».

Après avoir pris connaissance de cette nouvelle, le président du pays, Ivan Duque, a demandé depuis l´Argentine, où il se trouve en voyage officiel, au Ministère Public d´empêcher que cet acte de prise de possession puisse avoir lieu, et ce malgré le fait que le Conseil d´État ait considéré cette investiture comme définitive.

Le mandataire colombien a de nouveau qualifié Santrich de mafieux et de narcotrafiquant, ce qui a était critiqué par différents secteurs et juristes du pays, faisant valoir le fait que l´on ne peut préjuger le dirigeant de la FARC sans prendre en compte la présomption d´innocence et les décisions judicaires.

« Il ne correspond à personne de se rendre juge dans l´affaire Santrich. Il y a pour cela des magistrats compétents à qui il correspond d´évaluer les preuves et de décider. L´ingérence indue est une entrave! », a affirmé sur Twitter l´avocat, ex-constituant et ancien négociateur pour la paix Alvaro Leyva.

La direction de la FARC a en plusieurs occasions déclaré que les accusations contre Santrich répondent à un montage de l´Agence Anti-drogue des États-Unis (la DEA) et de l´extrême-droite locale pour nuire à l´image du parti et à la construction de la paix en Colombie.

Peo/mgt/tpa