Agence de Presse de l'Amérique Latine

Le chantage au baseball: nouvelle tactique de Donald Trump contre Cuba et contre le Venezuela

Par DionySanabia

Washington, 14 juin (Prensa Latina) Le Gouvernement des États-Unis serait prêt à revoir sa décision de blocage de l'accord passé entre les Ligues Majeures de baseball et Cuba, mais à condition que l'île revoit à la baisse sa coopération avec le Venezuela, a fait savoir aujourd'hui la NPR (National Public Radio), le principal réseau de radiodiffusion non commercial des États-Unis.


Il y a quatre jours, le président nord-américain, Donald Trump, s'est réuni à huit clos, à la Maison Blanche, avec le représentant des Ligues Majeures de Baseball (MLB, en anglais), Rob Manfred, et d'autres représentants et, jusqu'à maintenant, le contenu de cette rencontre était resté secret.

Selon la NPR, au cours de cette réunion, la Maison Blanche a exprimé clairement qu'elle ne serait prête à revoir sa position (contestée par de nombreuses personnes et organisations) que si la MLB, comme toutes les autres entités ayant des relations avec Cuba, s'engageait à demander la diminution de la collaboration entre Cuba et le Gouvernement vénézuélien de NicolásMaduro, le président constitutionnel de la République bolivarienne.

Ce chantage au baseball est l'une des mesures employées par l'administration Trump contre le Gouvernement légitime du Venezuela depuis, qu'en janvier dernier,  Washington a reconnu l'autoproclamé président en charge de la République sud-américaine, Juan Guaidó, membre d'une Assemblée Nationale suspendue depuis 2016 par la plus haute instance judiciaire du pays, le Tribunal Suprême de Justice, pour non-respect de la Constitution.

L'ordre du jour annoncé pour cette réunion était diffèrent. Celle-ci, en effet, portait sur les inquiétudes de la MLB relatives au trafic de personnes dont sont victimes les joueurs de baseball cubains qui, parfois, dans leur enthousiasme, vont jusqu'à risquer leur vie afin de  participer aux tournois de baseball nord-américains du plus haut niveau.

Cependant, un fonctionnaire du Gouvernement Trump a déclaré à la NPR (National Public Radio) que l'administration nord-américaine continuera à rendre La Havane responsable pour son rôle dans l'émigration cubaine.

Il a également souligné que Washington espère travailler avec la MLB pour "aider les gens du Venezuela, un pays qui possède une riche histoire avec le baseball des États-Unis, mais qui a été déstabilisé par l'ingérence cubaine".

L'annulation du pacte entre la MLB et la Fédération Cubaine de Baseball (FCB) a été rendue publique le 8 avril dernier.

Ce jour-là, le quotidien "The Washington Post" et d'autres médias états-uniens ont fait savoir que les États-Unis se retiraient d'un pacte considéré comme historique par les deux parties et  qui avait été signé le 19 décembre 2018 après presque trois années de négociations.

Selon l'agence Associated Press, le 5 avril, le Département du Trésor (Ministère nord-américain des Finances) avait envoyé aux avocats de la MLB une lettre leur signifiant qu'il revenait sur la décision du Gouvernement précédent - le Gouvernement de Barack Obama (2009-20017)- qui allait permettre à la Ligue Majeure de Baseball de payer à la FCB une prime de libération par joueur.

L'administration Trump, signalait "The Washington Post", justifiait alors cette marche arrière en estimant que verser de l'argent à la FCB revenait à remplir les caisses du Gouvernement cubain.

Le but de l'accord entre la FCB et la MLB était de mettre fin au dangereux trafic de joueurs de baseball cubains qui désirent jouer dans les équipes professionnelles des États-Unis, répétait encore la MLB en décembre dernier.

Elle rappelait alors que cette dangereuse pratique, comme le prouvent les diverses procédures légales à ce sujet et les articles de presse, avait causé de graves problèmes aux joueurs cubains et à leurs familles.

"Nous faisons nôtres les objectifs de cet accord qui est de mettre fin au trafic humain des joueurs de baseball de Cuba", soulignait la MLB et l´Association des Joueurs nord-américaine  le jour-même où la signature de cet accord était annoncée.

Ce n'est que lorsque le sénateur républicain Marco Rubio et le conseiller à la Sécurité Nationale, John Bolton, se prononcèrent à plusieurs reprises contre ledit accord que l'on commença à entendre parler d'un retrait possible de la part des nord-américains.

Parmi leurs raisons pour s'en prendre à cet accord, ils affirmaient, qu'au contraire, ce dernier encouragerait la traite humaine et qu'il permettrait au Gouvernement cubain, et même au Gouvernement vénézuélien d'avoir des entrées d'argent.

Face à ces critiques, de nombreuses opinions favorable à l'accord se firent entendre et insistèrent sur le fait que, précisément, les nouvelles mesures adoptées allaient permettre de mettre fin au trafic de joueurs et non le favoriser. La motivation politique du sénateur et du conseiller, affirmaient-ils, était évidente car tous deux sont ouvertement contre un rapprochement entre Cuba et les États-Unis.

Ces derniers mois, l'argument consistant à dire que Cuba soutenait le Venezuela a été employé par l'administration nord-américaine pour justifier les nouvelles restrictions contre le pays voisin, qui a répété à maintes reprises que sa solidarité avec le Venezuela n'était pas négociable.

L'intention de créer maintenant un lien entre cette affaire et le baseball engendrera certainement de fraîches critiques de la part de ceux qui ont vu dans cet accord entre la MLB et la FCB une occasion profitant aux deux parties signataires et à un sport si cher aux cœurs de nos deux pays.

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