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Une nouvelle attaquecontre les échanges culturels avec Cuba est portée depuis Miami

Washington, 14 juin (Prensa Latina)La Commission de la ville étasunienne de Miami, en Floride, a adopté hier une résolution pour demander au Congrès qu´il permette d´interdire les contrats concernant des artistes cubains, dans le but de porter un nouveau coup aux échanges culturels avec l´île.


Selon le document, il est demandé au législatif fédéral de promulguer une législation qui permette aux états et gouvernements locaux d´interdire l´embauche et les contrats d´artistes qui font « des affaires » avec Cuba ou sont financés par le pays caribéen.

La résolution, parrainée par le maire de Miami, Francis Suarez, et le commissionnaire Manolo Reyes, appelle également tous les fonctionnaires fédéraux, étatiques et locaux à apporter leur soutien à ce texte déjà très controversé.

Le document questionne l´importance de l´échange culturel entre les deux nations, pourtant défendu par de nombreuses voix dans la plus grande île des Antilles et à l´intérieur même des États-Unis, et utilise le prétexte de prétendues violations des droits de l´Homme pour rejeter ce pont entre les peuples.

La Commission de cette ville exprime ainsi « soutenir vigoureusement la liberté d´expression », alors qu´elle attaque les artistes qui, selon les auteurs de la mesure, « soutiennent et défendent le régime cubain ».

La résolution adoptée contera certainement de nombreux détracteurs dans cette ville de Floride, lesquels ont pu ces dernières années profiter de la présence d´artistes et de groupes cubains, principalement du monde de la musique mais également de manifestations culturelles comme le théâtre et la danse.

Elle est également contraire au ressenti de nombreuses autres villes du pays où les autorités locales désirent améliorer les liens avec l´île caribéenne dans divers secteurs, dont le culturel.

« Les États-Unis ont 35 mille villes recensées. Les autorités de Miami ont décidé que leurs concitoyens visiteront les 34 999 autres pour profiter légalement de la musique de Cuba », a manifesté sur son compte Twitter l´ambassadeur de l´île aux États-Unis, Jose Ramon Cabañas.

Le diplomate a également questionné le fait que cette mesure soit adoptée au nom de la liberté d´expression : « Il s´agit probablement d´une nouvelle définition », a-t-il écrit.

La valeur de l´échange culturel entre les deux nations  et le respect du public étasunien et cubano-américain envers les créateurs de la nation caribéenne a été notamment mis en évidence il y a un an par la tenue à Washington D.C. du festival « Arts de Cuba : de l´île au monde ».

Cet événement, qui s´est déroulé au Centre John F. Kennedy pour les arts de la Scène, a réuni plus de 400 artistes cubains, résident dans l´île ou dans d´autres parties du monde, provenant des domaines de la musique, des arts plastiques, du théâtre, de la danse, du dessein et du cinéma.

Certains des créateurs, ainsi qu´une partie du public, avaient alors manifesté à Prensa Latina l´importance d´une telle initiative et la nécessité de multiplier ce type d´expérience.

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