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Le Yémen est la pire tragédie humanitaire au monde, alerte l’ONU

Nations Unies, 20 juin (Prensa Latina) Le coordinateur de l’aide d’urgence de l’ONU, Mark Lowcock, a assuré lundi que le Yémen est victime de la pire tragédie humanitaire au monde et que plus de 80 pour cent de ses habitants ont besoin d’aide et de protection.


Lors de son intervention au Conseil de Sécurité de l’ONU, il a déclaré que la guerre dans ce pays était des plus brutales et qu’il y avait eu plus de 70 mille morts depuis 2016.

Grâce aux négociations coordonnées par l’ONU, les affrontements sont en baisse dans le port de Hodeïda mais, partout ailleurs, la violence reste très élevée car il y existe plus de 30 fronts actifs au Yémen, a-t-il ajouté.

À ce jour, on compte plus de 250 mille personnes déplacées et, durant cette dernière année, les assassinats d’enfants ont été multipliés par trois, se lamente Lowcock.

La majorité des yéménites vivent dans des zones contrôlées par le mouvement populaire Ansar Allah et ses alliés, et les progrès obtenus jusqu’à maintenant courent le risque d’être perdus en raison du manque de dialogue entre les deux parties, a-t-il expliqué.

Plus de 24 millions de personnes, c’est-à-dire 80 pour cent de la population, ont besoin d’aide et de protection, insiste ce coordinateur de l’ONU.

De son côté, le directeur exécutif du Programme Mondial d’Alimentation (PMA), David Beasley, précise que 20 millions de yéménites n’ont pas de quoi se nourrir.

Mais, dénonce-t-il, dans les zones contrôlées par Ansar Allah, l’assistance alimentaire est détournée et les enfants sont les premiers affectés.

La situation au Yémen est catastrophique car les productions vivrières y ont été en grande partie détruites et, pour survire, une grande partie des habitants est dépendante de l’assistance.

Le PMA pourvoit aux besoins alimentaires de plus de 10 millions de personnes par mois, mais une partie importante de cette nourriture est détournée ou utilisée à des fins lucratives, souligne-t-il, et il est impératif de mettre un terme à cette interférence avec le travail du PMA.

Pendant les premiers mois de 2019, la situation s’était améliorée mais, depuis avril, de nombreuses personnes ne reçoivent plus la nourriture qui leur était destinée et des cas d’utilisation indue des aliments distribués par le PMA sont à nouveau réapparus.

La situation est telle que, si les rebelles houtis n’offrent pas de garanties au PMA et ne lui permettent pas de travailler de manière indépendante, l’agence commencera, peu à peu, à ne plus fournir ses services.

Peo/mgt/ifb