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Les critiques contre le gouvernement hondurien concernant la répression lors de manifestations s´intensifient

Tegucigalpa, 22 juin (Prensa Latina) Les critiques s´intensifient contre le gouvernement du président du Honduras, Juan Orlando Hernández, pour avoir utilisé des troupes militaires pour imposer l’ordre dans cette nation centraméricaine, secouée par des protestations qui ont déjà fait au moins trois morts.


L’analyste international Roberto Quesada a recommandé à Hernández d’éviter l’usage excessif de la force et de garantir les droits de l’Homme dans le cadre des manifestations sociales qui ont été réprimées par des gaz lacrymogènes, des armes à feu et des passages à tabac de la part des forces de sécurité, y compris des militaires.

Après s´être réuni avec le Conseil National de la Défense et de la Sécurité, Hernandez a ordonné le 20 juin dernier le déploiement de militaires pour accompagner les actions de la Police Nationale, qui s’était jointe à la grève déclenchée par les enseignants et les médecins, et ensuite secondée par les transporteurs de fret.

Dans des articles parus dans la presse nationale, comme le quotidien El Heraldo, il a été demandé de garantir les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, en limitant l’usage de la force au minimum nécessaire et proportionné, pour éviter d’autres blessures et décès.

Le Comité des Familles de Détenus Disparus au Honduras (Cofadeh) a indiqué qu’outre l’armée, la Police Préventive et les Forces de Police, « des employés du gouvernement soutiennent les militaires en tant que groupes civils de choc, parfois armés, contre les manifestations populaires ».

Le Cofadeh a également signalé la mort violente de trois personnes, dont deux par arme à feu, dont le calibre correspondrait à l’arme officielle utilisée par la police militaire, ainsi que 29 blessés graves et l’arrestation illégale de 41 citoyens.

« Hernandez utilise les forces armées pour clore de force les espaces d’expression pacifique de l’opposition sociale et politique, les seuls qui existent, alors que dans le même temps le régime contrôle le système traditionnel des médias, induit des fausses nouvelles et instaure une propagande du culte la personnalité par des réseaux », a ajouté le Cofadeh dans un communiqué.

Le 21 juin, les membres de la Plate-forme pour la Défense de la Santé et de l’Éducation sont à nouveau descendus dans les rues pour demander au Gouvernement d’améliorer la prestation de services à la population, bien que les manifestations demandent également la démission de Hernandez.

Des sources de l’entrepreneuriat et de la Chambre de Commerce de Tegucigalpa ont affirmé que les effets de ces manifestations sont catastrophiques, la situation de crise ayant entraîné des fermetures d’entreprises, du chômage et fait fuir l’investissement, selon le quotidien La Prensa.

Les mobilisations contre Hernandez ont débuté en mai dernier, réclamant l’abrogation des décrets exécutifs PCM-026 et PCM-027, considérés comme la base d’une future privatisation de l’éducation et de la santé publique au Honduras, accompagnée d´une vague de licenciements.

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