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Espagne: nouvel échec pour former un Gouvernement

Madrid, 10 juillet (Prensa Latina) Le dirigeant du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), Pedro Sánchez, et celui de "UnidasPodemos" (UP), Pablo Iglesias, sont parvenus hier au constat que leurs positions respectives sont de plus en plus éloignées et qu'il leur est impossible de former un gouvernement ensemble.


Cette rencontre est la cinquième entre les deux hommes depuis les élections générales du 28 avril dernier; ils se sont cependant séparés sans obtenir des résultats concrets suffisants pouvant leur permettre de constituer une administration commune.

À la fin de cette dernière rencontre -qui s'est tenue au siège de la Chambres des Députés  et a duré presque deux heures- l'organisation social-démocrate centenaire et le parti de gauche Podemos ont dû se rendre à l'évidence: leurs positions sont pour le moment incompatibles et restent inchangées.

Pedro Sánchez, l'actuel président de l'Exécutif et secrétaire général du PSOE, insiste sur le fait que son Gouvernement devra être un "Gouvernement de coopération", par quoi il entend que les membres de UP ne pourront pas faire partie du Conseil des Ministres; alors qu'Iglesias, lui, continue à demander un "Gouvernement de coalition".

Dans ses brèves déclarations à la presse, le dirigeant de Podemos s'est dit convaincu que, "tôt ou tard, Sánchez reverra sa position" et qu'il finira par négocier avec le parti anti-austérité pour parvenir à une association PSOE-UP.

Iglesias estime que la volonté de son interlocuteur de former un Gouvernement mono-couleur (c'est-à-dire sans ministres appartenant à UnidasPodemeos) est opposée au souhait formulé par les espagnols qui ont voté aux élections législatives d'avril.

Nous n'avons pas arrêté de faire des concessions et nous espérons que le PSOE en fera de même. « Ce dont l'Espagne a besoin, c'est d'un Gouvernement de coalition de gauche », a déclaré Iglesias.

Des sources de l'UP citées par la presse assurent que cette dernière rencontre Sanchez-Iglesias a tout juste servi à constater que le candidat socialiste à l'investiture suprême n'a aucune intention de négocier et qu'il essaie d'imposer de manière unilatérale un cabinet de parti unique.

Ces mêmes sources se sont plaintes du fait que Sánchez continuait à vouloir imposer son point de vue comme si les socialistes avaient obtenu une majorité absolue à la Chambre des Députés, ce qu'ils n'ont pas; or c'est justement la Chambre des Députés qui élira le futur Exécutif espagnol.

Selon le groupe parlementaire formé par Podemos et IzquierdaUnida (la Gauche Unie), il n'est pas cohérent pour un parti de chercher de la même manière le soutien de la droite ou de la gauche pour former un nouveau Gouvernement alors que ce dont ont besoin les citoyens c'est de certitudes et de garanties.

Podemos et IzquierdaUnidaont ainsi fait référence à l'appel lancé par Sánchez au PartidoPopular et au parti d'inspiration libérale Ciudadanos afin qu'ils s'abstiennent lors du débat d'investiture prévu le 22 juillet et permettent ainsi  sa réélection.

La porte-parole du PSOE à la Chambre des Députés, Adriana Lastra, a averti hier qu' "il n'y aura pas de seconde chance" si l'investiture de Sánchez au poste de président se solde par un échec.

Au cours d'une conférence de presse, Lastra a accusé Iglesias de "vouloir d'abord obtenir des postes de ministre pour son parti avant même que le contenu de la politique à suivre ait été décidé".

"La négociation n'a pas porté de fruits car il semble que Monsieur Iglesias est davantage concerné par le nom des ministres qui formeront le cabinet que par la politique elle-même".

Cependant, malgré leur victoire dans les urnes, le PSOE se voit obligé de négocier s'il veut conserver le pouvoir. Pour former seul un cabinet, il lui faudrait 176 voix sur les 370 que compte la Chambre des Députés et il est loin du compte.

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