Agence de Presse de l'Amérique Latine

Malgré l´embargo cruel des États-Unis, Cuba encourage l’investissement étranger

Par Ivette Fernández*

La Havane, 18 juillet (Prensa Latina) L’investissement étranger direct est une priorité pour Cuba et l’une des voies les plus réalisables pour sa croissance et son développement économique, a confirmé le président des conseils d’État et des Ministres, Miguel Díaz-Canel.


Selon les évaluations du mandataire, les progrès dans ce secteur dépendent également de l’élimination de toute la bureaucratie qui retarde dans ce domaine, pour ainsi rendre les démarches plus rapides et moins lourdes.

Le président a souligné le rôle important de l’investissement étranger dans les exportations et a estimé qu’il s’agissait d’une source essentielle de croissance, de vente et permettant de disposer de plus de liquidité.

À ce propos, le Ministre du Commerce Extérieur et de l’Investissement Étranger, Rodrigo Malmierca, a récemment révélé que des stratégies étaient mises en œuvre pour simplifier la documentation à présenter par les investisseurs.

Dans le cadre du travail déployé, a-t-il ajouté, des travaux sont en cours pour créer un guichet unique qui sera opérationnel au début de l’année prochaine afin de faciliter les démarches des entrepreneurs désireux d’investir.

Cuba compte sur la collaboration de l’Union européenne (UE) qui, en juin dernier, a fait don à l’île de 4 millions d’euros, selon une déclaration faite à La Havane par le commissaire chargé de la Coopération Internationale et du Développement du bloc, NevenMimica.

Nous souhaitons continuer à soutenir l’engagement pris par Cuba d’améliorer le climat des investissements afin d’aider les agents économiques et financiers de l’UE à explorer des initiatives conjointes dans les principaux secteurs de développement prioritaires de Cuba, avait-il alors exprimé.

SCÉNARIO ADVERSE

Le ministre Malmierca a déclaré qu’en dépit des efforts de l’administration étasunienne pour bloquer le développement de Cuba, on peut dire aujourd’hui que le processus d’investissement étranger n’a pas cessé.

Il a expliqué qu’au cours des deux dernières années, des engagements d’investissement d’un montant supérieur à 4,5 milliards de dollars avaient été pris et, que depuis début 2019, des partenariats d’un montant supérieur à 300 millions de dollars ont été approuvés.

Cuba ne se laisse pas intimider, a-t-ilmanifesté, et continuera de progresser avec détermination dans le processus d’actualisation de notre modèle de développement économique et social, dont les composantes essentielles sont la diversification des relations économiques et la reconnaissance du rôle important de l’investissement étranger, a-t-il reconnu.

Bien que la réalisation de certains de ces projets ait été affectée par les effets de l´embargo et de la persécution financière, les perspectives d’accords dans d’autres négociations en cours sont prometteuses, a-t-il déclaré.

Parmi les actions intentées par Washington contre La Havane, le fonctionnaire a mentionné l’activation du titre III de la loi Helms Burton et l’interdiction d’accès à l’île des bateaux et des navires de croisière en provenance des États-Unis.

La décision d’autoriser les tribunaux des États-Unis à engager des poursuites judiciaires contre des entités cubaines et étrangères en dehors de la juridiction de ce pays, est destinée à faire peur à la communauté internationale pour la dissuader de faire des affaires avec Cuba, a-t-il précisé.

Cette conjoncture renforce les contradictions entre les faits et le discours des États-Unis prétendument en faveur des libertés individuelles et pour le développement du secteur privé cubain, a-t-il estimé.

De même, a-t-il ajouté, nous avons été témoins de tentatives de manipulation de l’opinion publique faisant entendre que Cuba limite les investissements des Cubains résidant à l’étranger.

Comme il a été expliqué, les normes cubaines ne discriminent aucun entrepreneur en raison de l’origine du capital, non seulement nous réaffirmons cette position qui est présente dans la loi, mais nous ouvrons la porte aux intéressés pour leur apporter le même soutien qu´au reste des investisseurs étrangers.

S’agissant de la communauté internationale, Malmierca a souligné que la politique qui a été conçue pour nous éloigner et nous isoler a justement l’effet inverse; elle nous rapproche encore plus de la ferme intention de tendre vers des intérêts nouveaux et légitimes communs.

L’organisation d’événements tels que le Forum d’Affaires avec l’initiative de Cuba et du Royaume-Uni et la XVIIème Foire Internationale Expocaribe, qui a eu lieu à Santiago de Cuba, sont la preuve de l’échec de la politique étatsunienne contre notre pays, a-t-il ajouté.

Nous réaffirmons la ferme opposition de notre gouvernement à ces mesures et assurons que les garanties prévues par le cadre juridique en vigueur à Cuba seront appliquées pour protéger les entreprises étrangères qui ont des affaires avec notre pays, a-t-il signalé.

GARANTIES CUBAINES

Selon les récentes déclarations de Deborah Rivas, directrice de l’Investissement Étranger au Ministère du Commerce Extérieur, la sécurité des entrepreneurs étrangers désireux d’investir à Cuba repose sur trois normes fondamentales.

La première, précise-t-elle, est présente dans l’article 28 de la Constitution de la République, qui précise que l’État promeut et garantit l’investissement étranger, en tant qu’élément important pour le développement économique du pays, sur la base de la protection et de l’utilisation rationnelle des ressources humaines et naturelles, ainsi que du respect de la souveraineté et de l’indépendance nationales.

Elle a également fait référence à la loi 118 de 2014 sur l’investissement étranger, qui reflète dans l’un de ses articles que les investissements sont protégés dans le pays, conformément aux lois cubaines et aux dispositions des tribunaux nationaux, contre les revendications de tiers par l’application extraterritoriale de la législation d’autres États.

Puis elle a précisé qu’il existait la loi 80 de 1996 ou de Réaffirmation de la Dignité et de la Souveraineté cubaines, qui déclare illégale la loi Helms-Burton, inapplicable et sans valeur ni effet juridique.

En conséquence, toute demande émanant d’une personne physique ou juridique, quelle que soit sa citoyenneté ou sa nationalité, est considérée comme nulle et non avenue.

De même, elle habilite le Gouvernement cubain à appliquer ou à autoriser les formules requises pour la protection des investisseurs étrangers contre l’application de la législation étasunienne, y compris le transfert des intérêts de l’investisseur à des sociétés fiduciaires, des institutions financières ou des fonds d’investissement.

C’est-à-dire, a souligné Rivas, que les investisseurs étrangers qui nous ont accompagnés toutes ces années et les nouveaux, y compris ceux d’origine cubaine résidant partout dans le monde, disposent des outils nécessaires pour se protéger contre toute réclamation illégitime fondée sur cette loi nord-américaine appelée ici la Loi Garrot, en référence à l´instrument destiné à étrangler une personne.

*Journaliste de la rédaction économique de Prensa Latina

peo/em/ifs