Agence de Presse de l'Amérique Latine

Un chercheur nord-américain souligne l'importance de la loi sur les voyages à Cuba

Washington, 2 août (Prensa Latina) Si une loi venait à être votée sur les voyages à Cuba, cela reviendrait à en finir avec le pouvoir des présidents nord-américains actuels qui peuvent sacrifier le droit à voyager de leurs concitoyens sur l'autel de leur politique électorale, estime un chercheur nord-américain spécialiste des relations entre les deux pays.


Peter Kornbluh, directeur du Projet de Documentation sur Cuba aux Archives Nationales de l'Université Georges Washington, a souligné dans un article publié sur la version digitale de la revue "The Nation" l'importance d'une Loi sur la Liberté pour les citoyens nord-américains de se rendre à Cuba qui a été dernièrement présentée au Congrès.

Peu de personnes, explique Kornbluh, savent que Cuba est l'unique destination au monde où les citoyens nord-américains n'ont pas le droit de se rendre pour y passer de simples vacances parce qu'un décret du parlement le leur interdit.

Kornbluh rappelle que depuis la fin de l'administration de Dwight D. Eisenhower (1953-1961) jusqu'aux années 1990, les restrictions aux voyages, tout comme le blocus imposé à l'île depuis presque 60 ans, relevait exclusivement du pouvoir exécutif des présidents.

Cet état de choses a changé en 1996, lorsque Clinton a signé la loi punitive Helms-Burton, qui codifia le blocus et lui donna un statut de loi, de même qu'aux restrictions de voyages; et, plus tard, en  2000, le Congrès étendit la pratique en décidant que le Secrétaire au Trésor n'avait pas le droit d'autoriser de transactions financières liées à des voyages à Cuba, précise ce chercheur.

"George W. Bush (2001-2009) fut le premier à faire utilisation de ce type de langage législatif comme base légale pour restreindre le droit constitutionnel des citoyens nord-américains à se rendre à Cuba et vérifier sur place par eux-mêmes les réalités complexes de l'île. Et maintenant, c'est Donald Trump qui utilise la même tactique", ajoute Kornbluh, en précisant qu'entre le mandat de l'un et le mandat de l'autre, le président Barack Obama (2009-2017) essaya d'éviter les restrictions imposées aux voyages "touristiques" par une série de mesures dont la plus grande partie à été annulée par Trump.

"Mais en fait", assure Kornbluh, "même en tenant comte des interdictions de l'actuelle administration, les citoyens nord-américains peuvent encore aller légalement à Cuba, surtout s'ils rentrent dans la catégorie dite de "soutien au peuple Cubain", mais les attaques répétées de Trump au droit de voyager ont semé la confusion dans les esprits".

"Raison pour laquelle", estime-t-il, "l'approbation du projet de loi mentionné ci-dessus et qui sera présenté ce mois-ci au Sénat et à la Chambre des Représentants " mettrait fin au pouvoir de Trump, ainsi qu'à celui des futurs présidents" de  violer en fonction de leurs intérêts électoraux le droit des citoyens nord-américains à se rendre dans les pays de leur choix".

"Cependant, au Congrès", avoue-t-il, "il s'agira d'un combat difficile car", selon lui, "le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnel,  a déjà indiqué qu'il ne présentera pas la loi au vote cette année".

"Mais malgré tout, considérant les attaques flagrantes de Trump au droit de voyager et l'électorat naturel des millions de nord-américains qui se sont rendus en masse à Cuba", Kornbluh estime que "tout ces divers facteurs peuvent se combiner pour donner à cette dernière initiative une meilleure chance de réussite qu'aux précédentes".

Peo/mgt/mar