Agence de Presse de l'Amérique Latine

La première année de Duque à la tête de la Colombie a été marquée par la violence et une hausse du chômage (I)

Par Masiel Fernández Bolaños*

Bogota, 5 août (Prensa Latina) Corruption, fort chômage, assassinats de dirigeants sociaux et d'anciens guérilleros sont les traits marquants de cette première année de gestion du président colombien, Yvan Duque.


Alors qu'il ne reste que peu de jours pour célébrer l'anniversaire de la prise de pouvoir du nouveau président (le 7 août), beaucoup d'observateurs font une analyse critique de la gestion de son Gouvernement dans plusieurs domaines.

Selon eux, l'opinion publique est pessimiste sur l'avenir du pays. En effet, les sondages du mois de juin dernier réalisés par l'institut YanHaas font apparaître que 63 pour cent des colombiens désapprouvent les mesures prises par Duque depuis son arrivée au pouvoir et 76 pour cent estiment que la Colombie est engagée sur un mauvais chemin, en particulier en ce qui concerne l'évolution de l'économie nationale, du chômage et de la corruption qu'ils jugent très négative.

CORRUPTION EN LIGNE DE MIRE.

Cette année, l'Armée  a été fortement secouée par une série d'enquêtes sur d'éventuels faits de corruption.

Le Ministère Public a arrêté neuf personnes apparemment liées aux cas de corruption ayant eu lieu dans la Quatrième Brigade, basée à Medellin. Quatre d'entre elles sont des militaires encore en fonction, l'une est un colonel à la retraite et les quatre autres sont des civils ayant passé des contrats avec ladite brigade

Une partie des faits qui leur sont reprochés a été révélée par l'hebdomadaire local "Semana" dans un numéro intitulé "Les Brebis Galeuses" où l'on décrit les actes de corruption perpétrés par le général Romero alors qu'il commandait la Quatrième Brigade, de décembre 2015 à décembre 2017.

Les faits rapportés par "Semana" vont de la création d'un cartel spécialisé dans la vente de sauf-conduits pour port d'armes -des armes qui auraient bien pu tomber entre les mains de délinquants- jusqu'au détournement de millions de dollars destinés, entre autres, au maintien des véhicules ou à l'achat de carburant.

Il n'en demeure pas moins que, malgré cette situation, le projet de loi destiné à prendre une série de mesures pour lutter contre la corruption a lamentablement échoué lorsqu'il a été présenté devant le Congrès de Colombie le 20 juin dernier.

Cette initiative, qui avait pourtant le soutien de presque 12 millions de personnes -comme l'a prouvé la consultation populaire  réalisée en août 2018- a donc été ignorée par le Pouvoir Législatif.

"Nous sommes conscients que le combat contre les personnes corrompues est un labeur de tous les jours et que nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de marquer une pause", a cependant  déclaré Yvan Duque dans un discours prononcé devant le Congrès.

"Raison pour laquelle", a-t-il ajouté, "en accord avec le Ministère Public et diverses formations politiques, nous présenterons un nouveau projet anti-corruption devant le Sénat".

De son côté, le sénateur Jorge Robledo, exerçant son droit de réponses au nom des députés de l'opposition, a tenu à faire remarquer que le président Duque, lors de la consultation à ce sujet -en 2018- avait favorisé sa formation politique alors que celle-ci menait campagne contre le projet.

Comme l'a déclaré Robledo: "Après que 12 millions de Colombiens se soient prononcés en faveur du projet, le président a fait semblant d'être de leur avis, tout en s'abstenant d'utiliser son pouvoir pour encourager les formations politiques l'ayant élu à voter en faveur de ce projet lors de sa présentation au Sénat".

CHÔMAGE À LA HAUSSE ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE À LA BAISSE.

La Banque de la République de Colombie a revu à la baisse le taux de croissance pour le Produit Intérieur Brut (PIB) qui est passé de 3,5 précédemment, à seulement trois, maintenant.

"Cette prévision implique une expansion de la demande interne semblable à celle de l'année précédente, ainsi qu'une importation faible et une demande externe stable, ce qui  devrait faire descendre encore davantage le PIB", selon les informations fournies par la Banque, qui prévoit aussi que la consommation interne sera sensiblement identique à celle de l'année dernière, année où la croissance avait pourtant gagné 2,6 pour cent.

Pour l'année 2020, la Banque calcule que la croissance devrait se situer légèrement au-dessus des trois pour cent en raison, estime-t-elle, "des effets négatifs de l'incertitude globale sur les décisions d'investissement", ce qui devrait se traduire par une décélération de la consommation interne.

José António Ocampo, le co-directeur de la Banque de la République, pense "que les résultats concernant la croissance économique et la balance des paiements sont inquiétants. Réactiver les exportations par tous les moyens me semble une chose essentielle", a-t-il conseillé.

À tout ceci, il faut ajouter un taux de chômage en hausse qui touche maintenant 9,4 pour cent de la population, particulièrement, la population féminine et les jeunes.

Le Département Administratif National de la Statistique (DANE) a fait savoir que ce taux de chômage est 0,36 pour cent plus élevé qu'à la même date l'année dernière,  où il était de 9,1 pour cent.

En juin dernier, le nombre d'inactifs atteignait deux millions 357 mille personnes, avec une augmentation de 95 mille personnes dans une fourchette allant de 25  à 54 ans, et une augmentation globale plus élevée de personnes de sexe féminin (104 mille) que de sexe masculin( 33mille); "augmentation inquiétante", estime la ministre du Travail, Alicia Arango, qui souligne que 19 pour cent des jeunes n'ont pas d'emploi.

Voir Partie II : http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=882572:la-premiere-annee-de-duque-a-la-tete-de-la-colombie-a-ete-marquee-par-la-violence-et-une-hausse-du-chomage-ii&opcion=pl-ver-noticia&catid=29&Itemid=101


Peo/arb/mfb

*Correspondant de Prensa Latina en Colombie.