Agence de Presse de l'Amérique Latine

Argentine: les élections primaires sont proches; les forces politiques commencent à prendre leurs marques pour le 100 mètres final

Buenos Aires, 6 août (Prensa Latina) Dans un pays qui sent les échéances électorales arriver, l'Argentine va vivre aujourd'hui, et jusqu'à dimanche prochain, une journée cruciale durant cette première phase de préparation à l'élection du nouveau président de la République qui se tiendra en octobre prochain.


Le sort va en être jeté pour les 10 binômes de pré-aspirants aux postes de président et de vice-président qui vont se présenter à ces Primaires, Ouvertes, Simultanées et Obligatoires (PASO); Primaires qui décideront de la situation sur le terrain dans trois mois, lorsque les candidats définitifs se présenteront aux élections générales.

Dans un pays en crise qui compte de nombreux déçus, de nombreux sceptiques et une bonne partie de la population victime des effets d'une récession à répétition chaque fois que la monnaie nationale est dévaluée face au dollar, ces élections apparaissent pour nombre d'entre eux soit comme un tour de vis supplémentaire, soit comme une simple continuation des recettes économiques actuelles.

D'un côté de l'échiquier électoral se trouve Mauricio Macri, l'homme qui a pris les rênes du pays en 2015, et tente maintenant de faire renouveler son mandat pour quatre ans. Il est à la tête du parti "Juntos por el Cambio" ("Ensemble pour le Changement") et il est secondé, au poste de candidat à la vice-présidence, par le sénateur Miguel Àngelo Pichetto, qui s'en tient à la recette qu'on applique maintenant et, optimiste, estime que l'Argentine a déjà commencé à sortir de la crise.

Samedi dernier, Macri a tenu un meeting officiel qui ressemblait fort à un début de campagne électorale. La veille, il avait déjà invité les argentins à le suivre sur le chemin tracé par son Gouvernement et leur avait adressé, par le biais des réseaux sociaux, un message singulier où l'on pouvait voir son portrait avec une seule phrase pour légende: "Je vote pour lui".

"Ce sont les gens comme vous qu'ils craignent le plus, les gens qui osent dirent tout haut qu'ils vont voter pour moi. Dire publiquement pour qui on va voter à un effet immédiat sur les autres. Ta déclaration de vote fonctionne comme s'il s'agissait d'un panneau de signalisation en indiquant une direction qui invite les autres électeurs à adopter le même itinéraire", écrit Macri.

Ce message a trouvé réponse de la part d'un autre candidat qui est en train de se positionner comme le plus grand rival de Macri pour les élections d'octobre: Alberto Fernández, du parti "Frente de Todos" ("Le Front de Tous "). Ce dernier est secondé à la vice-présidence par une personne qui s'avère être, en fait, la principale figure de l'opposition: l'ancienne présidente de la République d'Argentine, Cristina Fernández.

"Les argentins ont peur de se retrouver pendant quatre années supplémentaires  avec un président qui a mis leurs vies sens dessus-dessous et a condamné plus de quatre millions de personnes à la pauvreté", a répondu Alberto Fernández à Macri.

Accompagné par une Cristina capable d'entraîner les masses, Alberto -qui occupait  les fonctions de chef de Cabinet dans le premier Gouvernement de Cristina (2007-2008), de même que, précédemment, dans celui de Néstor Kirchner (2003-2007)- a choisi des thèmes sensibles pour sa campagne et, notamment, le Fond Monétaire International (FMI) et la dette de l'Argentine dont le Gouvernement actuel est responsable.

Ce binôme Fernandez-Fernandez compte avec le soutien de 10 organisations politiques. Il a mis l'accent sur l'espoir nécessaire que le pays se doit de récupérer et sur 15 propositions qu'il soumet aux électeurs afin de renégocier fermement la dette avec le FMI qui se monte maintenant à 57 milliards de dollars.

Mais Fernández n'est pas le seul à axer son programme sur la renégociation de la dette: l'ancien ministre de l'Économie, Roberto Lavagna, propose des mesures similaires.

Toutes les pièces de cet échiquier politique ont jusqu'au  9 août pour parvenir à convaincre l'électorat; après cette date ce premier temps de la campagne électorale prendra fin. Ce n'est qu'alors que commencera vraiment la course électorale.

Peo/oda/ may