Agenzia di stampa latinoamericana Prensa Latina - Cuba

Lula accomplit 500 jours de prison politique

 

Par OsvaldoCardosaSamón

 

Brasilia, 20 août (Prensa Latina) Convaincu de mourir innocent et avec dignité, l’ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a purgé aujourd’hui 500 jours de prison politique.

 

 

« Se sont 500 jours d’injustice, mais aussi 500 jours de dignité. Il nous donne une leçon de caractère pour tous, en cohérence, dans un esprit de lutte. Lula allie le réalisme et l´espoir vivant non seulement qu’il sortira, mais aussi que le Brésil se rétablira », a déclaré le célèbre chroniqueur et écrivain brésilien Emir Sader.

 

Quand vous rendez visite à un homme intègre comme Lula, 73 ans, « vous avez une opportunité d’inspiration. Il est tout à fait conscient qu’il purge une prison politique et reste séquestré en raison d´une décision illégale », a déclaré à Prensa Latina le leader du groupe du Parti des Travailleurs (PT) à la Chambre des Députés, Paulo Pimenta.

 

Selon le député, l’ancien syndicaliste 'reconnaît son innocence et chaque jour où il reste en prison, la violence juridique qu’il a subie, et le coup politique,' deviennent de plus en plus évidents.

 

Détenu à Curitiba, capitale de l’État du Paraná, depuis le 7 avril 2018, pour des actes de corruption présumés, Lula a récemment dit au journal Folha de São Paulo et au portail du journal El País qu’il ne sortirait de prison que s’il était libéré.

 

'Je serai emprisonné pendant 100 ans, mais je n´échangerai pas ma dignité pour ma liberté', a-t-il souligné.

 

« Tu crois que je n’aimerais pas être à la maison ? J’aimerais être à la maison avec ma femme, mes enfants, mes petits-enfants, mes camarades, mais je ne pose aucune question. Je veux sortir d’ici la tête haute comme quand je suis entré, innocemment', a indiqué le fondateur du PT.

 

Quand on lui a demandé s’il avait peur de passer le reste de sa vie derrière les barreaux, il a répondu :« il n´y a pas de problème. Je suis sûr que je dors tous les jours avec la conscience tranquille, je suis sûr que (le procureur Deltan) Dallagnol ne dort pas et (l’ancien juge Sergio) Moro ne dort pas ».

 

Il a révélé qu’avant d’être condamné dans l’opération Lava Jato puis emprisonné, des alliés l’ont encouragé à quitter le Brésil ou à chercher asile dans une ambassade étrangère, possibilité qu’il a rejetée.

 

« J’ai décidé que ma place était ici (au Brésil). Je suis tellement obsédé par le fait d’exposer Moro, Dallagnol et leur bande, et ceux qui m’ont condamné, que je serai emprisonné pendant 100 ans, mais je n´échangerai pas ma dignité pour ma liberté. Je veux démontrer la mascarade qui a été montée', a-t-il souligné.

 

Des informations récentes publiées sur le site The Intercept montrent que les enquêtes et les poursuites engagées contre Lula ont porté atteinte aux garanties fondamentales de tout citoyen, y compris son droit à être jugé par un juge impartial.

 

Il y a à peine 10 jours, un manifeste signé par 17 juristes, avocats, anciens ministres de la Justice et anciens membres de hautes cours de huit pays a demandé à la Cour Suprême de Justice de libérer l’ancien syndicaliste.

 

'Les récentes révélations du journaliste Glenn Greenwald et de l’équipe du site d’information The Intercept, en association avec les journaux Folha de São Paulo et El País, le magazine Veja et d’autres médias ont horrifié tous les professionnels du droit. Nous avons été surpris de voir comment les règles fondamentales d’une procédure régulière brésilienne ont été violées sans aucune honte (dans le procès contre Lula)', ont dénoncé les signataires dans le document.

 

Ils ont précisé que dans un pays où la justice est la même pour tous, un juge ne peut pas être juge et partie dans une affaire, en référence aux révélations faites par le soi-disant VazaJato (travail de filtration de documents, de diffusion et d’élaboration de reportages sur les conversations entre différents acteurs et organes de justice coordonnateurs de l´investigation Lava Jato).

 

Les avocats ont attiré l’attention sur le comportement de Moro, qui n’était ni impartial ni éthique pendant le procès de Lula, mais qui a quand même commandé l´accusation et ordonné l’inculpation.

 

'Il a manipulé les mécanismes de la sentence, a dirigé le travail du procureur, a exigé le remplacement d’un procureur duquel il n’était pas satisfait et a protégé sa stratégie de communication', ont précisé les signataires du texte.

 

Ils ont souligné que celui qui est actuellement  ministre de la Justice du gouvernement de JairBolsonaro 'a décidé de ne pas se conformer à la décision d’un juge qui a ordonné la libération de Lula, ce qui viole gravement la loi'.

 

'En raison de pratiques illégales et immorales, la justice brésilienne connaît une grave crise de crédibilité au sein de la communauté juridique internationale', ont-ils souligné.

 

Pour Pimenta, 'l’héritage de Lula est très vaste, partant notamment de résultats fondamentaux comme les premiers programmes mis en œuvre (sous son gouvernement), qui ont permis à près de 30 millions de Brésiliens d’avoir accès à l’électricité'.

 

« Lors de ses gouvernements (2003-2011), il a créé plus d’universités, plus d’écoles techniques. Il a permis à une grande partie de la population brésilienne d’avoir pour la première fois un enfant à l’université, en plus des politiques d’inclusion », a énuméré le législateur.

 

Au-delà de sa longue détention, « Lula garde sa sérénité. Il sait qu´il est un prisonnier politique qui remplit une tâche comme les autres, et en ce moment la principale est de diriger le peuple brésilien, le Parti des Travailleurs et de transformer la lutte pour la démocratie et la souveraineté », a estimé Pimenta.

 

'Lula résiste pour ceux qui sont partis et pour ceux qui sont restés', a déclaré Lurian Lula da Silva, la fille aînée de l’ancien président.

 

peo/tgj/ocs